Qatar Prix Niel 2026 : sept poulains pour une place dans l’Arc

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À quatre semaines du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, ParisLongchamp entre véritablement dans sa dernière ligne droite. Après le Qatar Prix d’Aumale et le Qatar Prix du Moulin, le Qatar Prix Niel sera l’un des grands rendez-vous de cette journée du dimanche 6 septembre.

À 17h00, sept poulains de 3 ans vont s’affronter sur les 2 400 mètres de la Grande Piste dans ce Groupe 2 doté de 119 000 euros. Mais l’enjeu dépasse largement le montant de l’allocation : le vainqueur bénéficiera d’une place garantie au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, le 4 octobre prochain.

Pour comprendre cette course, il faut donc la voir comme une dernière répétition générale. Elle permet aux chevaux de retrouver ParisLongchamp, de tester leur aptitude aux 2 400 mètres et surtout de montrer à leur entourage qu’ils peuvent envisager le plus grand rendez-vous de l’automne.

Le Niel, dernière répétition avant l’Arc

Le Qatar Prix Niel fait partie des Qatar Arc Trials, avec le Qatar Prix Vermeille et le Qatar Prix Foy. Ces trois courses sont organisées environ quatre semaines avant l’Arc et offrent aux chevaux une dernière occasion de peaufiner leur préparation sur l’hippodrome de ParisLongchamp.

Le principe est particulièrement intéressant pour un néophyte : un cheval peut avoir montré beaucoup de qualité pendant la saison, mais les 2 400 mètres de l’Arc demandent une combinaison particulière de vitesse, de tenue (la capacité à maintenir son effort sur une longue distance) et de gestion de course.

Le Niel permet donc de répondre à une question simple : qui possède encore une marge de progression pour devenir un véritable candidat à l’Arc ?

Et cette année, plusieurs histoires différentes vont se croiser.

1. Varandir : l’invaincu qui a découvert ses limites

Varandir sera l’un des chevaux les plus intéressants à suivre.

Entraîné à Chantilly par Francis-Henri Graffard et monté par Mickaël Barzalona, le représentant des Aga Khan Studs avait commencé sa carrière de manière impressionnante.

Avant le Grand Prix de Paris, il restait en effet sur trois victoires consécutives. Il était alors présenté comme l’un des poulains français les plus prometteurs de sa génération. France Galop le présentait même comme invaincu au moment de son arrivée au Groupe 1 du 14 juillet.

Mais le Cygames Grand Prix de Paris (Groupe 1) allait constituer son premier véritable test au plus haut niveau.

Varandir y a terminé quatrième, à seulement une courte distance du vainqueur Maltese Cross. Il devançait notamment plusieurs adversaires expérimentés, mais devait cette fois reconnaître la supériorité de trois rivaux.

Son bilan est donc désormais de trois victoires en quatre sorties.

Son pedigree est particulièrement intéressant : il est issu de Zarak, l’un des étalons vedettes de l’élevage Aga Khan, et de Varkesha.

Le Niel constitue donc pour lui une deuxième chance de démontrer qu’il appartient bien à l’élite de sa génération.

Et il retrouve ici un élément important : ParisLongchamp.

Son entourage connaît parfaitement l’hippodrome et sait qu’un cheval de ce niveau peut énormément progresser entre une première expérience dans un Groupe 1 et sa sortie suivante.

2. Alam : celui qui connaît déjà très bien ParisLongchamp

Alam possède un profil assez différent.

Le pensionnaire de Mikel Delzangles, représentant Al Shaqab Racing, sera associé à Pierre-Charles Boudot.

Son histoire avec ParisLongchamp est déjà intéressante puisque le poulain avait terminé troisième du Grand Prix de Paris, juste derrière Maltese Cross et Ancient Egypt, avec Varandir quatrième.

Cette arrivée avait été particulièrement serrée.

Alam possède également une origine intéressante : il est issu de Zelzal, un ancien excellent miler français, et de Katara, une fille du champion japonais Deep Impact.

Il ne possède peut-être pas le palmarès le plus spectaculaire du lot, mais il possède quelque chose de précieux : l’expérience.

Il connaît déjà les 2 400 mètres de ParisLongchamp et a démontré en juillet qu’il pouvait se mêler à une arrivée de Groupe 1.

Son style de course est celui d’un cheval capable de produire son effort dans la phase finale. Dans un petit peloton de sept concurrents, cette capacité à accélérer au bon moment pourrait avoir son importance.

3. Benvenuto Cellini : le grand voyageur de Ballydoyle

Sur le papier, Benvenuto Cellini possède peut-être le curriculum vitae le plus impressionnant du peloton.

Le poulain d’Aidan O’Brien sera monté par Ryan Moore et défendra les couleurs d’une association de propriétaires particulièrement prestigieuse réunissant notamment Peter Brant, Michael Tabor, Derrick Smith et Westerberg.

Et son palmarès raconte déjà une véritable histoire internationale.

Benvenuto Cellini avait remporté à 2 ans le KPMG Champions Juvenile Stakes (Groupe 2) à Leopardstown, sur 1 600 mètres, en s’imposant de cinq longueurs après avoir attendu derrière les animateurs.

Cette victoire avait immédiatement attiré l’attention.

Son pedigree explique en partie pourquoi : il est par Frankel, l’un des plus grands champions britanniques de l’histoire récente, et sa mère est Newspaperofrecord, une gagnante de Groupe 1 aux États-Unis, par Lope de Vega.

Mais surtout, Benvenuto Cellini a parfaitement confirmé en 2026.

Il a remporté l’Irish Derby (Groupe 1) au Curragh le 28 juin avant de prendre la troisième place du King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Groupe 1) à Ascot le 25 juillet. Dans cette dernière course, il a terminé juste derrière Kalpana et Calandagan.

Autrement dit, il arrive à Paris avec une expérience du très haut niveau que peu de ses adversaires possèdent.

Et surtout, il revient sur une distance qui lui convient parfaitement.

L’Irish Derby sur 2 400 mètres est déjà dans son palmarès. Le Niel ne sera donc pas une découverte de la distance, mais plutôt une manière de vérifier s’il peut désormais s’imposer en France avant de tenter éventuellement l’Arc.

4. Pearled Majesty : une revanche à prendre

Pearled Majesty est probablement l’un des chevaux les plus intrigants de cette édition.

Entraîné par Mauricio Delcher Sanchez, il sera monté par Christophe Soumillon et défendra les couleurs de Christiane Head.

Son début de saison avait été particulièrement convaincant.

Il avait remporté le Prix Noailles (Groupe 3) à ParisLongchamp en avril, avant de s’imposer à nouveau dans le Prix Eugène Adam (Groupe 2) à Saint-Cloud le 28 juin.

Mais entre les deux, il y avait eu une sortie beaucoup plus compliquée : le Qatar Prix du Jockey Club.

Neuvième à Chantilly, Pearled Majesty n’avait pas réussi à montrer son véritable niveau. France Galop expliquait alors qu’il avait été trop allant, c’est-à-dire qu’il avait dépensé trop d’énergie pendant la course au lieu de se détendre derrière ses adversaires.

Son entraîneur avait d’ailleurs expliqué avant le Jockey Club que le cheval avait encore besoin de mûrir mentalement.

Cette défaite ne semble donc pas avoir remis en cause l’estime portée à son égard.

Après sa victoire dans le Prix Eugène Adam, Pearled Majesty revient maintenant sur 2 400 mètres avec un objectif très clair : montrer que son échec du Jockey Club n’était qu’un accident de parcours.

Et derrière lui, il y a une histoire particulièrement française.

Il est issu de Persian King, l’ancien champion entraîné par André Fabre, et de Perle d’Auge, par Le Havre.

5. Chiefland : le représentant allemand qui a failli créer la surprise dans le Derby

Chiefland apporte une touche allemande à ce Niel.

Entraîné à Cologne par Henk Grewe, il sera associé à Cristian Demuro.

Son histoire est particulièrement intéressante parce qu’il a participé au Deutsches Derby, le Derby allemand, le 5 juillet dernier.

Et il n’était absolument pas attendu pour gagner.

Parti avec un statut d’outsider, Chiefland a pourtant terminé deuxième, à seulement une longueur du vainqueur Dardanos, dans un peloton de 18 chevaux.

Cette performance avait confirmé les qualités du poulain.

Quelques semaines auparavant, il avait remporté le Derby-Trial de Düsseldorf, une course préparatoire de 2 200 mètres. Il avait alors été acheté seulement 50 000 euros lors des ventes de yearlings BBAG, ce qui rend son ascension encore plus intéressante.

Son pedigree est lui aussi très orienté vers les longues distances : il est par Study of Man, vainqueur du Prix du Jockey Club en 2018, et sa mère Casuarina est par Sea The Moon.

Chiefland arrive donc au Niel avec une solide référence sur 2 400 mètres.

Il reste cependant à voir s’il peut franchir un nouveau palier face à des adversaires ayant déjà affronté le niveau Groupe 1 en France et en Angleterre.

6. Montreal : le compagnon de route de Ballydoyle

Montreal est le deuxième représentant d’Aidan O’Brien dans cette édition.

Il sera monté par Wayne Lordan.

Son parcours est intéressant car il a déjà beaucoup couru sur le sol français. Le 15 août dernier, à Deauville, il s’est classé quatrième du Prix Guillaume d’Ornano, un Groupe 2 disputé sur 2 000 mètres.

Cette sortie avait toutefois montré une limite : Montreal avait animé la course avant de céder dans les derniers mètres.

Le passage aux 2 400 mètres sera donc un véritable test de tenue.

Son avantage est d’être déjà habitué aux hippodromes français et d’avoir affronté des chevaux de qualité.

Mais dans ce petit peloton, il devra probablement montrer davantage que lors de sa dernière sortie pour prétendre jouer les premières places.

7. Zaraki : la castration a peut-être changé son histoire

Enfin, Zaraki est probablement le cheval dont la progression récente mérite le plus d’attention.

Le pensionnaire d’André Fabre sera monté par Maxime Guyon et porte les couleurs des Wertheimer & Frère.

Son bilan est encore très léger : seulement trois courses, pour deux victoires et une deuxième place.

Après une victoire à 2 ans, Zaraki avait effectué sa rentrée en avril à ParisLongchamp dans le Prix de la Force (Groupe 3), terminant deuxième.

Puis, le 16 août à Deauville, il a remporté le Prix Nureyev, une Listed sur 2 000 mètres.

Mais il y a surtout un élément qui intrigue : Zaraki a été castré entre ses deux dernières apparitions.

La castration peut parfois modifier le comportement d’un cheval mâle et l’aider à se montrer plus concentré et plus régulier en course. Dans son cas, la progression récente est particulièrement intéressante.

Il passe toutefois directement d’une Listed à un Groupe 2 sur 2 400 mètres.

C’est donc un énorme changement de niveau.

Son pedigree mérite également un regard : il est lui aussi issu de Zarak, comme Varandir, mais sa mère est Urbania.

Deux chevaux issus du même étalon, deux profils très différents et surtout deux représentants d’écuries françaises majeures.

Une course où l’expérience pourrait faire la différence

Ce Qatar Prix Niel possède finalement une configuration assez passionnante.

D’un côté, Benvenuto Cellini arrive avec l’expérience du Groupe 1 et une victoire dans l’Irish Derby. Il possède déjà les références internationales pour envisager l’Arc.

De l’autre, Varandir et Alam connaissent parfaitement ParisLongchamp après leur quatrième et troisième places dans le Grand Prix de Paris.

Pearled Majesty cherche à confirmer qu’il vaut mieux que son classement dans le Jockey Club, tandis que Chiefland arrive avec une deuxième place dans le Derby allemand.

Montreal doit prouver qu’il peut tenir les 2 400 mètres et Zaraki tente un changement de catégorie spectaculaire.

Et c’est précisément ce qui rend le Niel intéressant.

Le vainqueur ne gagnera pas seulement un Groupe 2 : il décrochera également une place garantie dans l’Arc.

Pour les autres, cette course peut encore permettre de gagner leur billet pour le grand rendez-vous d’octobre, à condition que leurs entourages disposent déjà d’un engagement ou puissent utiliser le mécanisme d’engagement supplémentaire prévu par le règlement.

À quatre semaines de l’Arc, ParisLongchamp va donc livrer un nouvel indice précieux.

Benvenuto Cellini possède l’expérience. Varandir a la marge de progression. Alam connaît déjà la piste. Pearled Majesty doit prendre sa revanche. Chiefland arrive d’Allemagne avec une belle référence. Zaraki représente le pari de la progression.

Et au bout des 2 400 mètres, un seul repartira avec cette précieuse garantie : une place dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe.

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