Le 4 octobre 2026, Paris Longchamp accueillait l’une des plus importantes journées de l’année hippique. Bien sûr, tous les regards étaient tournés vers le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe et la tentative de Daryz de conserver son titre. Mais l’Arc n’était que le sommet d’une réunion particulièrement dense, avec dix courses au programme, dont plusieurs Groupes 1 réunissant certains des meilleurs chevaux européens.
Pour comprendre cette journée, il faut pourtant regarder au-delà du seul résultat de l’Arc. Les dix courses racontent des histoires très différentes : de jeunes chevaux qui se révèlent, des champions confirmés, des jockeys qui écrivent une nouvelle page de leur carrière, des entraîneurs qui prennent des risques et même quelques paris très audacieux. Le terrain était annoncé bon souple, avec une pénétrométrie de 3,4, et ParisLongchamp a donc offert des conditions relativement équilibrées pour cette grande journée internationale.
Qatar Prix Marcel Boussac : Green Empress ouvre la journée
Le premier Groupe 1 de la journée était réservé aux pouliches de deux ans sur 1 600 mètres. C’est une course particulièrement intéressante parce qu’à cet âge, les chevaux sont encore en pleine découverte de leurs capacités. Une pouliche qui gagne un Groupe 1 en octobre à deux ans n’est pas forcément la future championne que l’on imaginera en décembre, mais elle vient déjà de franchir un cap important dans sa carrière.

La victoire est revenue à Green Empress, entraînée en Irlande par Joseph O’Brien et montée par Christophe Soumillon. La pouliche n’en était qu’à sa quatrième sortie et n’avait encore jamais gagné à ce niveau. Son profil était pourtant intéressant : elle avait déjà montré une certaine régularité et arrivait à Longchamp avec la réputation d’une pouliche capable de progresser. Elle a finalement dû livrer une vraie bataille dans la ligne droite avec Data, entraînée à Chantilly par Christopher Head. Green Empress est venue tout à l’extérieur et a résisté jusqu’au bout pour s’imposer d’une tête. Queen Of The Day, entraînée par Francis-Henri Graffard, complète le podium.
Pour un public français, Data mérite d’ailleurs d’être retenue. Elle représente l’une des jeunes pouliches françaises capables de jouer les premiers rôles dans cette génération. Christopher Head, installé à Chantilly, s’est construit une réputation importante avec les jeunes chevaux et cette deuxième place confirme que son écurie reste présente dans les grandes confrontations internationales.
La victoire de Green Empress est aussi intéressante par son entourage. Joseph O’Brien, fils du célèbre entraîneur Aidan O’Brien, continue de construire son propre palmarès et avait déjà connu de nombreuses réussites au plus haut niveau. Christophe Soumillon, lui, allait connaître une journée particulièrement réussie puisqu’il allait revenir plusieurs fois sur le devant de la scène avant la fin de la réunion.
Cette première course a toutefois été marquée par un événement dramatique. Spirit Tango, qui avait animé une partie de l’épreuve, a subi une grave blessure et a malheureusement dû être euthanasiée. L’information a été relayée pendant la réunion par la presse internationale. Cette issue rappelle une réalité difficile des courses : même lors d’une journée consacrée aux champions et à la fête, la performance sportive reste liée à un animal athlète et aux risques de la compétition.
Qatar Prix Jean-Luc Lagardère : Amusingly seule contre les poulains
Quelques minutes plus tard, une autre jeune pouliche allait attirer tous les regards. Le Qatar Prix Jean-Luc Lagardère est ouvert aux poulains et aux pouliches de deux ans, mais cette année une seule femelle avait décidé de relever le défi : Amusingly.

Elle n’était pourtant pas forcément la candidate que l’on aurait imaginée capable de dominer les mâles. Et surtout, son début de course n’avait rien de spectaculaire. La pensionnaire de Francis-Henri Graffard était encore dernière à l’entrée de la ligne droite. Son jockey Colin Keane l’a alors décalée vers l’extérieur pour lui permettre de trouver son passage et de produire son accélération. Le changement a été impressionnant : Amusingly a rapidement rattrapé ses adversaires puis les a dominés pour s’imposer d’une longueur et quart devant l’irlandais Folsom Blues. Man’s Best Friend prend la troisième place.
Cette victoire est importante parce qu’il fallait remonter à 2017 et Happily pour retrouver une pouliche gagnante du Lagardère. La course avait cette année-là été disputée à Chantilly pendant les travaux de rénovation de ParisLongchamp. Depuis, les poulains avaient pris l’habitude de dominer l’épreuve. Amusingly vient donc interrompre une longue série.
La performance est d’autant plus intéressante qu’elle n’en était qu’à sa troisième sortie. Cela signifie que son entourage avait encore relativement peu d’informations sur ses limites. Elle venait de montrer certaines qualités, mais n’avait pas encore eu beaucoup d’occasions de les exprimer. Son accélération finale donne désormais à Francis-Henri Graffard une pouliche très intéressante à faire évoluer au cours des prochains mois.
Il y avait également une histoire de jockey derrière cette victoire. Colin Keane, l’un des meilleurs jockeys irlandais de sa génération, était associé à Amusingly pour la première fois. Quelques heures plus tard, il devait monter Kalpana dans l’Arc pour Juddmonte Farms. La journée allait donc prendre une tournure particulièrement intéressante pour lui.
Prix de l’Abbaye de Longchamp : Miss Yechance et le pari à 25 200 euros
On change complètement de registre avec le Prix de l’Abbaye de Longchamp. Ici, plus question de tenir 2 400 mètres ou même 2 000 mètres : les chevaux disputent un Groupe 1 sur seulement 1 000 mètres. Sur cette distance, la moindre hésitation peut coûter très cher. Il faut partir vite, trouver immédiatement son rythme et conserver suffisamment de ressources pour résister dans les derniers mètres.

La gagnante s’appelle Miss Yechance. Et son histoire commence avant même son arrivée dans les stalles. Elle n’était pas engagée dans la course. Son entourage a donc décidé de la supplémenter, c’est-à-dire de payer une somme importante afin de lui permettre de participer malgré l’absence d’engagement initial. Le coût de cette décision était de 25 200 euros. À Longchamp, ce pari a été largement récompensé.
Miss Yechance s’est rapidement retrouvée aux avant-postes et a résisté aux attaques jusqu’au poteau. Elle signe un excellent temps de 55’’08 et décroche le plus beau succès de sa carrière. Elle devance Shiri, entraînée en France par Francis-Henri Graffard, et Mission Central.
Mais l’homme que l’on retiendra aussi de cette course est son jockey, Jack Nicholls. À seulement 20 ans, l’apprenti décroche son premier Groupe 1. L’histoire familiale ajoute une dimension particulière à cette victoire puisque Jack est le petit-fils de David « Dandy » Nicholls, célèbre entraîneur britannique spécialisé dans les sprinters et lui-même vainqueur de l’Abbaye en 2002 avec Continent. Le jeune jockey vient donc de gagner la même course que son grand-père, dans une épreuve qui constitue l’un des grands rendez-vous mondiaux du sprint.
C’est exactement le genre d’histoire que l’on peut facilement manquer lorsqu’on regarde uniquement les résultats. Derrière un Groupe 1 se trouve parfois une famille entière, plusieurs générations de professionnels et une décision prise quelques jours auparavant avec une part de risque financier. Dans le cas de Miss Yechance, le pari de 25 200 euros s’est transformé en victoire de Groupe 1.
Qatar Arabian World Cup : HM Alchahine et un moment historique pour Élisabeth Bernard
Le Qatar Arabian World Cup permet ensuite de sortir du monde du pur-sang anglais pour découvrir celui des pur-sang arabes. Pour simplifier, il s’agit de la grande course internationale de référence pour cette race, avec une importance comparable, dans son univers, à celle de l’Arc pour les pur-sang anglais.

Le grand favori HM Alchahine n’a pas tremblé. Déjà deuxième de l’épreuve l’an dernier derrière l’intouchable Al Ghadeer, il est cette fois allé chercher la victoire. Il devance de trois quarts de longueur la jument Hajmah, entraînée en Charente-Maritime par Thomas Fourcy. HM Alchahine signe ainsi sa sixième victoire de Groupe 1 PA et sa troisième consécutive à ce niveau. Il arrivait à Longchamp avec une victoire dans la Qatar Cup – Prix Dragon, préparatoire disputée en septembre sur ce même hippodrome.
La victoire est surtout historique pour son entraîneur, Élisabeth Bernard. Elle devient la première femme à remporter le Qatar Arabian World Cup. Le résultat prend donc une dimension particulière dans une discipline où les grandes écuries internationales sont nombreuses et où cette course est devenue un rendez-vous majeur de l’élevage arabe.

Pour ceux qui découvrent le monde du pur-sang arabe, cette course est également intéressante parce qu’elle montre une autre facette du programme de ParisLongchamp. Le week-end de l’Arc n’est plus seulement une vitrine du galop européen : il accueille désormais une compétition internationale majeure qui rassemble les meilleurs chevaux arabes et leurs entourages venus de plusieurs pays.
Qatar Prix de l’Arc de Triomphe : Daryz recommence
Puis arrive évidemment la course qui concentre toutes les attentes. Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe oppose les meilleurs chevaux de trois ans et plus sur les 2 400 mètres de la grande piste. Cette année, la question était simple : Daryz allait-il réussir ce que très peu de chevaux ont réussi avant lui, conserver son titre ?
La réponse est oui. Et il l’a fait de manière suffisamment nette pour entrer dans l’histoire de l’épreuve. Entraîné à Chantilly par Francis-Henri Graffard, monté par Mickaël Barzalona et représentant les Aga Khan Studs, Daryz remporte son deuxième Arc consécutif. Il devient le premier mâle depuis Alleged, vainqueur en 1977 et 1978, à réussir ce doublé. Depuis Alleged, seules les championnes Trêve et Enable avaient réussi à gagner deux éditions consécutives.

La manière est particulièrement intéressante. Daryz n’a pas bénéficié d’un parcours facile. Il s’est retrouvé assez loin dans le peloton alors que le rythme n’était pas particulièrement soutenu. Dans ces conditions, un cheval qui attend doit ensuite refaire beaucoup de terrain dans la ligne droite. Barzalona a progressivement décalé Daryz vers l’extérieur et lui a permis de trouver son passage.
Devant, Bay City Roller avait parfaitement négocié son numéro 15 dans les stalles. Son jockey Oisin Murphy avait choisi d’avancer rapidement vers l’extérieur avant de progressivement se rabattre et de se rapprocher de la tête. Diamond Necklace, partie avec le numéro 16, avait elle aussi réussi à compenser son mauvais numéro grâce à un parcours très bien négocié par Christophe Soumillon. Daryz a d’abord pris la mesure de Diamond Necklace puis s’est lancé à la poursuite de Bay City Roller. Son accélération a finalement fait la différence. Il gagne par une longueur et quart devant Bay City Roller, Diamond Necklace prenant la troisième place.

nemone Routh : Directrice et racing manager en France : https://www.agakhanstuds.com/fr/rencontrez-lequipe/
Cette victoire est aussi celle d’une équipe. Francis-Henri Graffard avait choisi de conserver Daryz à l’entraînement à quatre ans alors qu’un vainqueur d’Arc peut normalement être envoyé au haras très rapidement. La décision n’était pas anodine : conserver un cheval de cette valeur sur les pistes représente un risque, mais aussi une occasion rare de tenter une performance historique. Daryz avait déjà gagné le Prix Ganay, le Prix d’Ispahan et le Prix Foy cette saison, après avoir terminé troisième des Prince of Wales’s Stakes à Royal Ascot.

La suite semble désormais se dessiner. La princesse Zahra Aga Khan et le racing manager Nemone Routh ont laissé entendre que Daryz devrait probablement rejoindre le haras plutôt que revenir à quatre ans pour tenter un troisième Arc. La logique est assez claire : pour un élevage, un cheval qui vient de gagner deux fois l’Arc possède une valeur génétique considérable. La princesse Zahra Aga Khan a expliqué qu’elle préférerait le voir commencer sa carrière d’étalon en bonne santé plutôt que prendre le risque d’une nouvelle saison.
Cette victoire porte également à neuf le nombre de succès de la famille Aga Khan dans l’Arc. L’histoire de cette casaque avec la course commence en 1948 avec My Love, puis se poursuit avec plusieurs générations d’Aga Khan. Daryz ajoute les victoires 2025 et 2026 des Aga Khan Studs au palmarès familial.
Le cas Bay City Roller : le deuxième n’était pas là par hasard
Il serait pourtant dommage de parler de l’Arc uniquement à travers Daryz. Bay City Roller a livré une véritable performance. Son entraîneur George Scott a souligné après la course que son cheval avait énormément donné et qu’il avait montré qu’il ne fallait pas le réduire à un spécialiste du terrain souple.

Son parcours mérite d’être suivi parce qu’il représente le type même de cheval capable de revenir dans l’Arc l’année suivante. À quatre ans, il possède encore une marge de progression et son entourage semble avoir envie de continuer l’aventure. Daryz pourrait donc quitter la scène, tandis que Bay City Roller pourrait devenir l’un des chevaux à suivre pour la prochaine édition.
Diamond Necklace mérite elle aussi une mention particulière. Avec le numéro 16, elle partait tout à l’extérieur, ce qui pouvait sembler particulièrement défavorable. Christophe Soumillon a néanmoins réussi à lui faire gagner progressivement des rangs pendant le parcours. Sa troisième place montre qu’elle avait la qualité nécessaire pour compenser une situation difficile au départ. Aidan O’Brien a d’ailleurs estimé après la course qu’elle avait très bien couru et qu’elle avait démontré qu’elle tenait la distance.
Jean-Claude Rouget : une dernière journée chargée d’émotion
L’Arc 2026 avait aussi une autre histoire humaine, beaucoup plus discrète que celle de Daryz. Jean-Claude Rouget disputait son dernier Arc en tant qu’entraîneur. Après 48 ans de carrière, le célèbre professionnel a décidé de prendre sa retraite. Son représentant Arrow Eagle n’a pas joué les premiers rôles dans la course, mais cela ne changeait pas la portée de la journée.

Avant même la première course, Rouget avait été honoré en intégrant le Hall of Fame des courses françaises. Le moment a été particulièrement émouvant lorsque l’entraîneur a demandé que les membres de son équipe viennent le rejoindre. Une vingtaine de personnes sont alors montées sur scène. Rouget, qui avait notamment remporté l’Arc avec Sottsass en 2020 et Dalakhani en 2003, refermait ainsi une carrière de près d’un demi-siècle au cœur de la plus grande réunion française.
Cette histoire donne une autre dimension à la journée. Pendant que Daryz écrivait une nouvelle page du futur, Jean-Claude Rouget refermait une partie de l’histoire récente des courses françaises.
Prix de l’Opéra Longines : Miss Scott et le record de Christophe Soumillon
Après l’Arc, la réunion était loin d’être terminée. Le Prix de l’Opéra Longines, réservé aux pouliches et juments, est l’un des grands rendez-vous de la journée. Il est parfois présenté comme l’équivalent féminin de l’Arc, même si les deux courses n’ont évidemment pas les mêmes conditions.
Miss Scott a dominé l’épreuve. Entraînée en Angleterre par John et Thady Gosden, elle venait de remporter un Groupe 3 et confirmait ici qu’elle avait franchi un nouveau palier. Elle devance Precise d’une longueur et demie et la française Pink Panthera prend la troisième place. Miss Scott signe ainsi sa deuxième victoire de Groupe consécutive et surtout son premier Groupe 1.

Pour Christophe Soumillon, la victoire est encore plus particulière. Il remporte le Prix de l’Opéra pour la cinquième fois après Terre à Terre en 2001, Mandesha en 2006, Dalkala en 2013 et Tarnawa en 2020. Il était déjà le jockey le plus titré de l’histoire de cette course et améliore encore son propre record.
Cette victoire complète également une belle journée pour The Thoroughbred Racing Corporation, qui avait remporté quelques heures auparavant le Prix Marcel Boussac avec Green Empress. L’entité, relancée en 2022 après avoir connu une période de retrait, repart donc de Longchamp avec deux victoires de Groupe 1 dans la même journée.
Le plus intéressant est peut-être la perspective évoquée par Thady Gosden après la course : l’entourage pense que Miss Scott pourrait évoluer sur 2 400 mètres à quatre ans. Si elle confirme cette aptitude, la gagnante de l’Opéra pourrait donc devenir une candidate intéressante pour les grandes courses de distance classique de la saison prochaine.
Qatar Prix de la Forêt : True Love offre enfin ce Groupe 1 à Aidan O’Brien
Le dernier Groupe 1 de la journée était le Qatar Prix de la Forêt, disputé sur 1 400 mètres. Cette distance constitue un compromis intéressant entre les purs sprinters et les chevaux capables de tenir le mile. Elle exige beaucoup de vitesse, mais aussi suffisamment d’endurance pour tenir jusqu’au bout.

True Love s’est imposée pour l’écurie d’Aidan O’Brien. Le fait mérite d’être souligné parce que le légendaire entraîneur irlandais, recordman des victoires de Groupe 1, n’avait encore jamais remporté cette course. Il a donc fallu attendre 2026 pour voir son nom apparaître au palmarès du Prix de la Forêt.
Montée par Ryan Moore, True Love a dû se battre jusqu’au bout avec le français Nighttime. Le cheval entraîné à Chantilly a longtemps fait illusion côté corde, mais True Love a fini par prendre l’avantage d’une tête. La course est d’autant plus belle pour O’Brien qu’il place également Puerto Rico à la troisième place, à seulement une tête de Nighttime.
True Love avait déjà remporté les 1 000 Guinées de Newmarket au printemps. Elle n’avait cependant plus gagné depuis. Son retour au meilleur niveau arrive donc au moment idéal, dans l’une des dernières grandes échéances européennes de la saison.
Qatar Grand Handicap des Flyers : Blue Brother résiste avec 61 kilos
Après les grands Groupes 1, ParisLongchamp revenait à un autre type de course avec le Qatar Grand Handicap des Flyers. Pour comprendre la difficulté d’un handicap, il faut savoir que les chevaux ne partent pas tous avec le même poids. L’objectif est théoriquement de rapprocher les chances des différents concurrents. Un cheval considéré comme supérieur porte donc davantage de poids.

Blue Brother devait justement porter 61 kilos, le poids le plus élevé de la course. Cela ne l’a pas empêché de s’imposer sur les 1 400 mètres. Monté par Mickaël Barzalona et entraîné par Hamad Al Jehani, il devance Profumo Di Iena et Purple Lion. Le temps final est de 1’19’’04.
La deuxième place de Profumo Di Iena est également intéressante car elle était beaucoup moins attendue. La jument portait seulement 55,5 kilos et a donc bénéficié de l’avantage théorique du système du handicap. Elle termine à une longueur du vainqueur et permet à son entourage de réaliser une très belle opération.
Pour Barzalona, cette victoire vient prolonger une journée déjà exceptionnelle. Après avoir remporté l’Arc avec Daryz, il gagne également un handicap important quelques heures plus tard. C’est un détail, mais il illustre bien la particularité d’une grande réunion comme celle de l’Arc : les mêmes jockeys passent d’un champion mondial à un handicap de 16 partants, avec des problématiques complètement différentes.
Qatar Prix du Festival des Nations : Nadir confirme la forme de son entourage
La neuvième course de la réunion était un autre handicap, cette fois sur 1 400 mètres avec une allocation de 33 600 euros. Nadir, un hongre de trois ans, s’est imposé avec Cristian Demuro en selle. Il est entraîné par David Delcher Sanchez et son propriétaire est Christopher Head. La victoire est intéressante parce qu’elle permet à un cheval encore jeune de franchir un nouveau palier dans une catégorie où la régularité et la capacité à bien se placer comptent énormément.

Nadir devance Laith et Heybetli. La course montre aussi une autre réalité du week-end de l’Arc : pour beaucoup d’écuries, cette journée constitue une occasion exceptionnelle de présenter leurs chevaux devant un public beaucoup plus nombreux et une attention médiatique internationale. Les Groupes 1 attirent les projecteurs, mais les handicaps permettent aussi à des chevaux moins connus de se faire remarquer.
Qatar Prix de la Place de l’Étoile : Vanta termine la journée par une grosse surprise
Et pour terminer cette longue journée, ParisLongchamp a réservé une dernière surprise. Le Qatar Prix de la Place de l’Étoile était un handicap de 2 000 mètres réunissant 18 chevaux. Vanta, une pouliche de trois ans entraînée par Mikel Seror et montée par Dorian Provost, s’est imposée alors qu’elle était proposée à une cote très élevée.

Vanta avait été supplémentée pour participer à la course, comme cela peut arriver lorsqu’un entourage estime qu’une opportunité intéressante se présente. Elle venait pourtant de gagner son précédent handicap à Saint-Cloud le 25 septembre, après plusieurs résultats moins convaincants. Son entourage avait donc suffisamment confiance pour tenter sa chance dans cette course très relevée.
À l’arrivée, Vanta devance Big Log d’une longueur et demie et Gerard Ter Borch prend la troisième place. Le résultat est particulièrement spectaculaire du point de vue des paris puisque Vanta était affichée autour de 60/1 au moment du résultat.
Big Log mérite toutefois d’être retenu. Il confirme une nouvelle fois sa régularité dans les gros handicaps et termine encore deuxième après avoir déjà pris cette place dans le Super Handicap de la Rentrée à Longchamp puis dans le Grand Handicap de Deauville. Sa victoire finira peut-être par arriver, mais le cheval semble actuellement avoir trouvé une véritable spécialité dans ces grandes épreuves.
Une journée où les pouliches ont beaucoup fait parler d’elles
Ce qui ressort de cette réunion, lorsque l’on regarde les dix courses dans leur ensemble, c’est la place prise par les femelles. Green Empress ouvre la journée avec le Marcel Boussac. Amusingly, seule pouliche du Lagardère, bat tous les poulains. Miss Yechance remporte l’Abbaye. Miss Scott s’impose dans l’Opéra. True Love termine la journée des Groupes 1 avec la Forêt. Même dans les autres courses, plusieurs juments et pouliches viennent jouer les premiers rôles.
Ce n’est pas forcément une tendance qu’il faut transformer en grande conclusion statistique à partir d’une seule journée, mais c’est une photographie intéressante de la génération actuelle. Les courses françaises et européennes offrent de plus en plus de confrontations entre mâles et femelles, notamment chez les deux ans et les trois ans, et certaines pouliches démontrent régulièrement qu’elles peuvent rivaliser avec les meilleurs poulains.
Une journée française, mais surtout internationale
Autre élément frappant : ParisLongchamp n’a jamais autant ressemblé à un carrefour international. Les entraîneurs français ont évidemment joué les premiers rôles, notamment Francis-Henri Graffard avec Daryz et Amusingly, Christopher Head avec Data et Nighttime, ou encore plusieurs autres professionnels français dans les Groupes 1. Mais les victoires viennent également d’Irlande, d’Angleterre et du Qatar, tandis que les jockeys représentent eux aussi plusieurs nations.
Le week-end de l’Arc est devenu une véritable confrontation des grands systèmes de courses européens. Les chevaux voyagent, les jockeys changent de pays le temps d’une course et les propriétaires peuvent engager leurs chevaux dans plusieurs championnats nationaux. Pour un public qui découvre le galop international, c’est justement ce qui rend cette journée particulièrement intéressante : derrière chaque casaque se trouve souvent une histoire d’élevage, d’investissement et de choix sportifs qui dépasse largement les frontières françaises.
Daryz quitte peut-être la scène, mais une nouvelle génération arrive
Finalement, le 4 octobre 2026 pourrait être résumé comme une journée de transition. Daryz vient d’entrer définitivement dans l’histoire de l’Arc, mais son départ probable vers le haras signifie que le paysage des grandes courses européennes va bientôt changer. Derrière lui, Bay City Roller a montré qu’il pouvait devenir l’un des chevaux à suivre. Diamond Necklace a confirmé sa classe malgré un numéro difficile. Kalpana a terminé cinquième et devrait poursuivre sa carrière au plus haut niveau. Friendly Soul pourrait quant à elle viser la Breeders’ Cup Filly & Mare Turf.
Et pendant que les champions de quatre ans arrivent progressivement au terme de leur carrière, les courses de deux ans ont déjà donné quelques noms à retenir. Green Empress et Amusingly ne sont encore qu’au début de leur histoire. Leur carrière peut prendre de nombreuses directions dans les mois à venir, mais leur journée à Longchamp leur a donné une première véritable reconnaissance internationale.
C’est peut-être ce qui fait l’intérêt d’une journée comme celle de l’Arc. On vient pour savoir qui remportera les 2 400 mètres les plus célèbres de France, mais on repart avec beaucoup plus de questions. Qui sera le prochain grand champion ? Amusingly peut-elle confirmer chez les trois ans ? Green Empress va-t-elle progresser avec l’âge ? Bay City Roller reviendra-t-il prendre sa revanche ? Miss Scott tentera-t-elle les grandes distances l’année prochaine ? Et surtout, qui prendra la place laissée par Daryz si celui-ci rejoint effectivement le haras ?
