Deux victoires consécutives dans le Takarazuka Kinen, un père légendaire, un caractère bien trempé et une histoire profondément humaine : découvrez Meisho Tabaru, l’un des pur-sang japonais qui ont marqué les saisons 2025 et 2026.
Au Japon, certains chevaux deviennent bien plus que des champions. Ils attirent l’attention du public par leurs performances, mais aussi par leur personnalité, leur histoire et les liens qu’ils entretiennent avec les hommes qui les entourent.

Meisho Tabaru appartient à cette catégorie. Né en 2021, ce pur-sang japonais s’est fait connaître par son tempérament affirmé et sa manière spectaculaire de mener les courses. Fils de Gold Ship, l’un des chevaux les plus populaires de l’histoire récente des courses japonaises, il a progressivement construit son propre palmarès jusqu’à remporter deux fois de suite le Takarazuka Kinen, une prestigieuse course de Groupe 1.
Mais derrière ces victoires se cache une histoire bien plus riche qu’une simple succession de résultats. Celle d’un entraîneur qui a retrouvé, grâce à lui, un cheval lié à ses derniers succès en tant que jockey, d’un soigneur qui a appris à composer avec son caractère explosif, d’un jockey légendaire et d’une famille de propriétaires profondément attachée aux courses hippiques.
Voici le portrait d’un cheval qui illustre parfaitement ce qui fait la richesse du keiba : le sport, les chevaux et les histoires humaines qui les réunissent.
1. Meisho Tabaru, qui est-il ?

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Meisho Tabaru (メイショウタバル) est un pur-sang japonais né le 20 avril 2021 à la Mishima Farm, un élevage situé au Japon. Il appartient à la génération des chevaux nés en 2021, celle qui a notamment vu naître Danon Decile, Justin Milano et Croix du Nord.
Il est entraîné par Mamoru Ishibashi, au centre d’entraînement de Ritto, et appartient à la famille Matsumoto, connue dans le monde des courses japonaises pour ses nombreux chevaux portant le préfixe « Meisho ».
2. Gold Ship : un héritage de talent et de caractère

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Si le nom de Meisho Tabaru vous est familier, c’est peut-être parce qu’il est le fils de Gold Ship (ゴールドシップ).
Né en 2009, Gold Ship est l’un des chevaux les plus populaires du keiba moderne. Au cours de sa carrière, il a remporté six courses de Groupe 1, dont le Satsuki Sho, le Kikuka Sho et l’Arima Kinen en 2012.
Il a également remporté le Takarazuka Kinen en 2013 et 2014.
Pour les néophytes, une course de Groupe 1 représente le niveau le plus élevé de la compétition hippique internationale. Ces épreuves réunissent généralement les meilleurs chevaux d’une catégorie et constituent les grands rendez-vous du calendrier.
Gold Ship était donc un champion exceptionnel. Mais ce qui le rendait si particulier, c’était aussi son tempérament.
Il était capable de produire des accélérations impressionnantes, de remonter un peloton entier et de battre les meilleurs chevaux du Japon. Pourtant, il était également connu pour ses comportements imprévisibles, notamment ses départs manqués et ses réactions parfois surprenantes.

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Lors du Takarazuka Kinen 2015, Gold Ship avait notamment fait sensation en manquant complètement son départ après s’être cabré dans les stalles, ces compartiments dans lesquels les chevaux attendent l’ouverture des portes.
Il avait ainsi montré qu’un cheval pouvait posséder un talent immense tout en restant difficile à canaliser.
Son fils Meisho Tabaru semble avoir hérité d’une partie de cette personnalité.
Comme son père, il possède un tempérament affirmé et une forte volonté. Il aime courir à sa manière et peut se montrer particulièrement difficile à retenir lorsqu’il est lancé.
Mais leurs styles de course sont différents. Gold Ship était célèbre pour ses longues remontées depuis l’arrière du peloton, tandis que Meisho Tabaru préfère généralement prendre la tête ou se placer juste derrière le leader.
Une autre similitude les unit : ils ont tous les deux remporté deux Takarazuka Kinen consécutifs. Gold Ship en 2013 et 2014, son fils en 2025 et 2026.
Un joli clin d’œil de l’histoire des courses japonaises.
Une mère qui relie Tabaru à son entraîneur

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La mère de Meisho Tabaru, Meisho Tsubakuro, est une fille de French Deputy, un étalon américain qui a également marqué l’élevage japonais.
Mais ce qui rend cette jument particulièrement importante dans l’histoire de Tabaru, c’est son lien avec Mamoru Ishibashi.
Avant de devenir entraîneur, Ishibashi était jockey. Et Meisho Tsubakuro lui a offert sa dernière victoire en tant que cavalier.
Lorsqu’il a découvert que le jeune cheval qui lui était confié était le fils de cette jument, il a immédiatement reconnu son nom.
Ce lien donne une dimension particulière à la carrière de Tabaru : son entraîneur avait déjà partagé un moment important de sa vie professionnelle avec sa mère, avant de l’accompagner lui-même vers les plus grandes victoires.
Pour les amateurs de pedigree, le croisement de Meisho Tabaru associe notamment la lignée de Sunday Silence, très présente dans les courses japonaises, à celle de Mejiro McQueen par Gold Ship et à l’influence américaine de French Deputy par sa mère.
Il ne s’agit pas seulement d’un héritage génétique : c’est aussi une histoire de continuité entre les générations de chevaux et les hommes qui les accompagnent.
3. Des débuts prometteurs à la consécration : le parcours d’un champion

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La carrière de Meisho Tabaru ne s’est pas construite sans difficultés. Avant de devenir un double vainqueur de Groupe 1, il a connu des contre-performances, des courses difficiles et plusieurs années d’apprentissage.
2023 : les premiers pas en compétition
Meisho Tabaru fait ses débuts à deux ans, en octobre 2023, sur l’hippodrome de Kyoto.
Comme tous les jeunes pur-sang, il doit alors apprendre les bases de la compétition : partir correctement, trouver sa place dans le peloton et gérer son effort jusqu’à l’arrivée.
Il décroche sa première victoire en décembre de la même année. Son entourage commence alors à envisager les grandes courses réservées aux chevaux de trois ans.
Au Japon, cette génération bénéficie d’un calendrier particulièrement prestigieux, avec trois épreuves majeures formant la Triple Couronne : le Satsuki Sho, le Tokyo Yushun et le Kikuka Sho.
Mars 2024 : le Mainichi Hai, une victoire fondatrice
23 mars 2024 · Mainichi Hai · Groupe 3 · Hanshin · 1 800 mètres
C’est au printemps 2024 que Meisho Tabaru se révèle véritablement au grand public.
Le 23 mars, il participe au Mainichi Hai, une course de Groupe 3 destinée aux chevaux de trois ans. La compétition se déroule sur 1 800 mètres, une distance intermédiaire qui exige à la fois de la vitesse et de l’endurance.
Ce jour-là, la piste est rendue difficile par la pluie. Tabaru prend la tête et impose son rythme à ses adversaires. Il conserve suffisamment d’énergie pour résister jusqu’à l’arrivée et remporte la course.
Cette victoire représente un événement majeur pour son entraîneur, Mamoru Ishibashi, qui décroche alors son premier succès de Groupe en tant qu’entraîneur.
Un Groupe 3 est inférieur à un Groupe 1 dans la hiérarchie des courses, mais il constitue déjà une performance importante pour un jeune cheval.
Tabaru vient de montrer qu’il possède les qualités nécessaires pour affronter les meilleurs de sa génération.
Les classiques de 2024 : un apprentissage difficile
Après son succès au Mainichi Hai, Meisho Tabaru s’attaque au Satsuki Sho, le 14 avril 2024.
Cette course de Groupe 1, disputée sur 2 000 mètres à Nakayama, constitue la première étape de la Triple Couronne japonaise.
Mais la compétition est particulièrement relevée et Tabaru termine à la 17e place.
Il participe ensuite au Tokyo Yushun, le Derby japonais, en mai. Cette course de 2 400 mètres représente l’un des rendez-vous les plus prestigieux de la saison pour les chevaux de trois ans. Il ne parvient pas à se mêler à la lutte pour la victoire.
Ces résultats rappellent que le talent ne suffit pas toujours. À cet âge, les chevaux sont encore en pleine évolution physique et mentale. Ils doivent apprendre à gérer leur énergie, à supporter la pression des grandes courses et à s’adapter aux différents parcours.
Pour Tabaru, l’enjeu est notamment de canaliser son tempérament et de trouver les distances sur lesquelles il peut exprimer ses qualités.
Septembre 2024 : le retour avec le Kobe Shimbun Hai
22 septembre 2024 · Kobe Shimbun Hai · Groupe 2 · Chukyo · 2 200 mètres

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Après les classiques du printemps, Meisho Tabaru retrouve le chemin de la victoire dans le Kobe Shimbun Hai, une épreuve de Groupe 2.
Ce succès confirme qu’il possède les capacités pour se mesurer à des chevaux de haut niveau, malgré ses difficultés précédentes.
Son entourage tente alors une nouvelle fois de l’engager sur une course d’endurance : le Kikuka Sho, disputé sur 3 000 mètres en octobre.
Mais la distance se révèle trop exigeante pour lui. Il termine à la 16e place.
Cette expérience va contribuer à orienter la suite de sa carrière vers des distances plus adaptées à son style, notamment autour de 2 000 à 2 200 mètres.
2025 : la consécration dans le Takarazuka Kinen

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L’année 2025 marque un tournant décisif.
Après une contre-performance dans le Nikkei Shinshun Hai en janvier, Meisho Tabaru se rend à Dubaï pour participer au Dubai Turf, une course de Groupe 1 disputée sur gazon.
Il termine cinquième, face à une opposition internationale de haut niveau.
Cette expérience lui permet de découvrir un environnement différent et de se mesurer à des chevaux venus de plusieurs pays.
Mais c’est au Japon, en juin, qu’il va véritablement entrer dans l’histoire.
Le 15 juin 2025, Meisho Tabaru participe au Takarazuka Kinen, une grande course de Groupe 1 disputée à Hanshin sur 2 200 mètres.
Cette épreuve est particulièrement importante dans le calendrier japonais. Elle réunit des chevaux d’âge et bénéficie d’une forte popularité auprès du public, qui participe notamment à la sélection des concurrents par un système de vote.
Monté par Yutaka Take, Tabaru impose son rythme et prend la tête. Il parvient à conserver son avantage jusqu’à l’arrivée et décroche sa première victoire de Groupe 1.
À quatre ans, il devient enfin un champion au plus haut niveau.
Pour Mamoru Ishibashi, cette victoire est une consécration : après son premier Groupe 3 avec Tabaru en 2024, il remporte son premier Groupe 1 en tant qu’entraîneur avec le même cheval.
Pour Yutaka Take, c’est une nouvelle grande victoire dans une course qu’il connaît parfaitement.
Et pour Meisho Tabaru, c’est le début d’une histoire qui va prendre une dimension encore plus importante l’année suivante.
4. Juin 2026 : le doublé historique au Takarazuka Kinen

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Un an après sa première victoire, Meisho Tabaru revient au Takarazuka Kinen avec un objectif : défendre son titre.
Entre-temps, il a connu des résultats plus contrastés, notamment une sixième place dans le Tenno Sho d’automne 2025 et une treizième place dans l’Arima Kinen en décembre.
Mais au printemps 2026, il retrouve le premier plan en terminant deuxième du Osaka Hai, derrière Croix du Nord.
Cette performance annonce une confrontation particulièrement attendue lors du Takarazuka Kinen.
Une course bouleversée par la pluie
Le 14 juin 2026, le Takarazuka Kinen se déroule dans des conditions météorologiques difficiles. Une forte pluie s’abat sur l’hippodrome de Hanshin peu avant le départ et rend la piste particulièrement souple.
Pour les chevaux, ce changement est important : une piste lourde demande davantage d’efforts et peut modifier complètement le déroulement d’une course.
Meisho Tabaru part de la stalle extérieure numéro 16. Pourtant, Yutaka Take parvient à le placer rapidement dans le groupe de tête.
Cosmo Kuranda mène la course, tandis que Tabaru se positionne juste derrière lui.
Dans la dernière ligne droite, Tabaru accélère, dépasse le leader et résiste à l’attaque de Croix du Nord.
Il franchit le poteau en première position, d’une encolure, après 2 200 mètres de course.
Groupe 1 · 14 juin 2026
Takarazuka Kinen 2026
Hippodrome de Hanshin · 2 200 mètres
1er — Meisho Tabaru
Yutaka Take
Vainqueur
2e — Croix du Nord
Battu d’une encolure
3e — Junko
Avec cette victoire, Meisho Tabaru devient le troisième cheval de l’histoire à remporter deux Takarazuka Kinen consécutifs, après son père Gold Ship et Chrono Genesis.
Cette performance est d’autant plus remarquable qu’il a su gagner de deux manières différentes : en prenant directement la tête en 2025, puis en se plaçant derrière le leader avant de lancer son accélération en 2026.
Il démontre ainsi qu’il peut s’adapter au déroulement d’une course, à condition de trouver le bon équilibre entre sa volonté naturelle et la gestion de son effort.
La pluie, un hommage à son propriétaire disparu
Cette victoire a également une dimension émotionnelle.
Yoshio Matsumoto, le propriétaire historique des chevaux Meisho, est décédé en août 2025, après avoir atteint le cap des 2 000 victoires en tant que propriétaire.
Son fils Yoshitaka Matsumoto a depuis repris le flambeau familial.
Après la victoire de Tabaru en 2026, Yutaka Take a évoqué la pluie qui s’était abattue sur l’hippodrome. Il a expliqué avoir eu le sentiment que cette pluie venait du ciel, comme si le défunt propriétaire avait accompagné le cheval dans sa course.
Cette déclaration a touché de nombreux passionnés japonais.
Derrière les statistiques et les trophées, elle rappelle que les courses hippiques sont aussi faites de relations humaines, de fidélité et de souvenirs.
5. Les hommes derrière le champion

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Un cheval de course ne gagne jamais seul. Derrière ses performances se trouvent un entraîneur, un jockey, des soigneurs, des propriétaires et de nombreux professionnels qui participent à sa préparation.
Dans le cas de Meisho Tabaru, trois personnages occupent une place particulière dans son histoire.
Mamoru Ishibashi : l’entraîneur qui a retrouvé un cheval de son passé
Mamoru Ishibashi a d’abord été jockey avant de devenir entraîneur à la JRA.
Au cours de sa carrière de cavalier, il a notamment été associé à Meisho Samson, un champion qui a remporté le Satsuki Sho, le Derby japonais et plusieurs autres grandes épreuves.
Son parcours avec Meisho Tabaru est particulier : le jeune cheval est le fils de Meisho Tsubakuro, la jument qui lui avait offert sa dernière victoire en tant que jockey.
Cette coïncidence crée un lien fort entre l’entraîneur et le cheval.
En 2024, Tabaru lui offre son premier succès de Groupe en tant qu’entraîneur. En 2025, il lui permet de remporter son premier Groupe 1.
Il est rare qu’un entraîneur puisse associer de tels moments à un même cheval. Pour Ishibashi, Tabaru représente donc bien plus qu’un champion : il est aussi le prolongement d’une histoire commencée lorsqu’il était encore en selle.
Yutaka Take : l’expérience au service du tempérament

Yutaka Take est l’un des jockeys les plus célèbres du Japon.
Né en 1969, il a remporté un nombre considérable de grandes courses nationales et internationales. Sa longévité et son expérience en font une figure majeure du keiba.
Avec Meisho Tabaru, son rôle consiste notamment à gérer le tempérament du cheval.
Un jockey ne se contente pas de diriger sa monture. Il doit sentir ses réactions, comprendre son rythme et décider du moment où il faut accélérer.
Avec un cheval comme Tabaru, qui aime courir librement, il est particulièrement important de ne pas le contrarier inutilement.
Lors du Takarazuka Kinen 2026, Take a montré qu’il pouvait laisser son cheval se placer derrière le leader, sans chercher à prendre la tête à tout prix.
Cette patience lui a permis de conserver suffisamment d’énergie pour lancer son accélération dans la dernière ligne droite.
Mitsuo Uegomori : le soigneur qui connaît son caractère
Si les jockeys et les entraîneurs sont souvent sous les projecteurs, les soigneurs jouent un rôle tout aussi important dans la vie d’un cheval de course.

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Mitsuo Uegomori est le responsable quotidien de Meisho Tabaru dans l’écurie de Mamoru Ishibashi.
Il s’occupe de lui, observe son comportement et apprend à reconnaître ses réactions. C’est notamment grâce à lui que l’on connaît certaines des anecdotes les plus amusantes sur le caractère du champion.
Dans un entretien consacré aux hommes qui connaissent les chevaux de l’intérieur, il a expliqué que Tabaru était particulièrement sensible aux réprimandes.
Lorsqu’on le gronde, le cheval peut réagir de manière très vive. Uegomori préfère donc chercher à comprendre ce qui provoque son comportement, plutôt que de le réprimander systématiquement.
Il résume sa philosophie de travail par une idée simple : ce qu’il n’aimerait pas subir lui-même, il ne le fait pas non plus au cheval.
Cette approche est particulièrement importante avec Tabaru, dont le tempérament peut rendre certaines manipulations délicates.
L’histoire de la longe arrachée
Avant sa première victoire, Meisho Tabaru avait un jour été réprimandé par son soigneur pour un mauvais comportement.
La réaction du cheval ne s’est pas fait attendre : il a tiré si violemment qu’il a fini par arracher la longe tenue par Uegomori.
Le lendemain, le soigneur a remarqué que Tabaru semblait hésiter, comme s’il avait compris qu’il avait fait quelque chose d’interdit.
Cette anecdote illustre bien sa personnalité : un cheval capable de réactions explosives, mais qui peut également apprendre et comprendre les limites lorsqu’elles lui sont expliquées avec cohérence.
Uegomori raconte également qu’il observe attentivement la manière dont Tabaru marche au paddock avant les courses.
Lors du Takarazuka Kinen 2025, il avait remarqué que le cheval marchait avec la tête basse et paraissait particulièrement détendu. Cette attitude lui avait donné confiance avant le départ.
Pour un soigneur, ces petits détails sont essentiels : ils permettent de mieux connaître l’état physique et émotionnel d’un cheval, bien avant que les résultats ne parlent d’eux-mêmes.
6. Pourquoi Meisho Tabaru est-il un cheval si particulier en course ?
Pour comprendre les performances de Meisho Tabaru, il faut s’intéresser à son style de course.

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En hippisme, on distingue plusieurs profils de chevaux. Certains attendent dans le peloton avant de produire une accélération finale. D’autres préfèrent se placer près de la tête. Enfin, certains chevaux prennent rapidement les commandes et imposent leur rythme.
Meisho Tabaru appartient à cette dernière catégorie, celle des chevaux de tête, que l’on appelle aussi front-runners.
Prendre la tête pour imposer son rythme
Lorsqu’un cheval prend la tête, il peut contrôler une partie du déroulement de la course. Il n’a pas besoin de suivre les accélérations des autres concurrents et peut chercher à économiser son énergie en courant à son propre rythme.
C’est précisément ce que Tabaru aime faire.
Il possède une bonne vitesse au départ et une capacité à maintenir un effort soutenu. Lorsqu’il parvient à se détendre, il peut obliger ses adversaires à fournir un effort important pour le rejoindre.
Mais cette stratégie comporte également des risques.
Si un cheval de tête dépense trop d’énergie dans les premiers mètres, il peut manquer de ressources dans la dernière ligne droite. Et si plusieurs adversaires cherchent à lui disputer la tête, le rythme peut devenir trop élevé.
C’est pourquoi le travail de Yutaka Take est si important : il doit permettre à Tabaru de courir librement, tout en l’aidant à conserver suffisamment d’énergie pour la fin.
Ses principales forces et ses difficultés
| Ses forces | Ses difficultés |
|---|---|
| Une bonne vitesse initiale | Peut s’énerver lorsqu’il est retenu |
| Une capacité à imposer un rythme soutenu | Peut gaspiller de l’énergie lorsqu’il s’emballe |
| Une aptitude démontrée aux terrains souples | Les courses tactiques peuvent compliquer son effort |
| Des performances remarquables sur 2 000 à 2 200 mètres | Les 3 000 mètres du Kikuka Sho lui ont posé problème |
| Une capacité à résister aux attaques finales | Le déroulement de course reste déterminant |
Son tempérament n’est donc pas simplement un défaut à corriger. Il fait aussi partie de ses qualités sportives.
Lorsqu’il est en confiance et qu’il parvient à courir à son rythme, Meisho Tabaru peut devenir un adversaire particulièrement difficile à dépasser.
7. Meisho Tabaru à l’assaut de l’Arc de Triomphe : le rêve japonais se rapproche de Longchamp
Le prochain grand chapitre de l’histoire de Meisho Tabaru s’écrira en France. Après son doublé dans le Takarazuka Kinen, le champion japonais est officiellement attendu au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, le dimanche 4 octobre 2026, sur l’hippodrome de ParisLongchamp.

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À cinq ans, le fils de Gold Ship va ainsi découvrir l’une des courses les plus prestigieuses du calendrier international, avec un objectif qui fait rêver les passionnés japonais depuis plusieurs décennies : remporter enfin l’Arc pour le Japon.
Et cette fois, le projet est devenu concret. Meisho Tabaru et son compagnon d’entraînement japonais Admire Terra sont déjà arrivés en France et ont effectué leurs premiers galops d’essai à Longchamp le mardi 22 septembre.
Longchamp : une première découverte grandeur nature

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Le mardi 22 septembre, Meisho Tabaru et Admire Terra ont découvert la piste de ParisLongchamp à l’occasion d’un galop public organisé en vue de l’Arc.
Pour un cheval de course, un galop d’essai est une séance d’entraînement effectuée sur un hippodrome, qui permet notamment de découvrir la piste, ses particularités et ses différentes portions. Il ne s’agit pas d’une course officielle, mais d’une étape importante dans la préparation.
La séance s’est déroulée sur le gazon de Longchamp, sur environ six furlongs, soit près de 1 200 mètres. Meisho Tabaru était accompagné de son assistant et soigneur Mitsuo Uegomori, qui le connaît depuis ses débuts.
D’après les informations communiquées par la JRA, le cheval a pu découvrir la piste et effectuer son travail dans de bonnes conditions. Son entourage a notamment souligné qu’il semblait courir avec plaisir sur le gazon français.
Cette découverte est essentielle : Longchamp possède un profil différent des hippodromes japonais, avec notamment une longue montée et une descente avant la dernière ligne droite. Les chevaux doivent être capables de gérer ces variations de terrain et de conserver suffisamment d’énergie pour les derniers mètres.
Pour Meisho Tabaru, qui aime imposer son rythme, l’enjeu est donc de trouver ses repères sans se laisser emporter par son tempérament.
Admire Terra, son compagnon de voyage

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Meisho Tabaru n’est pas le seul représentant japonais à préparer l’Arc sur le sol français.
Admire Terra, un hongre de cinq ans entraîné par Yasuo Tomomichi, est lui aussi attendu au départ de l’épreuve. Il reste notamment sur une troisième place dans l’Osaka Hai (G1), disputé au Japon au printemps 2026.
Les deux chevaux ont effectué leurs galops à Longchamp le même jour, mais avec des jockeys différents.
Admire Terra était monté par Cristian Demuro, jockey français d’origine italienne, tandis que Meisho Tabaru était accompagné par Mitsuo Uegomori.
Pour Admire Terra, cette séance avait pour objectif de découvrir le gazon de Longchamp et de lui permettre de s’adapter progressivement à son nouvel environnement. Son entourage a indiqué qu’il avait bien réagi à la piste, malgré une légère agitation à son arrivée dans les boxes.
Les deux chevaux représentent une nouvelle tentative japonaise pour remporter l’Arc, une course qui échappe encore aux pur-sang entraînés au Japon malgré plusieurs performances remarquables au cours des dernières décennies.
Yutaka Take retrouve l’Arc : une nouvelle tentative pour le jockey légendaire
Pour Meisho Tabaru, la préparation française est également l’occasion de retrouver Yutaka Take, qui sera son jockey dans l’Arc.
Le célèbre cavalier japonais possède une longue expérience de la compétition internationale. Il s’apprête à participer à son douzième Arc, une course dans laquelle il a déjà monté plusieurs chevaux japonais.
Il connaît donc bien les particularités de Longchamp et les exigences de cette épreuve de 2 400 mètres.
Cette expérience sera particulièrement importante pour Meisho Tabaru, qui n’a encore jamais couru sur une distance aussi longue dans les conditions européennes de l’Arc.
Yutaka Take devra notamment trouver le bon équilibre entre la volonté naturelle de son cheval de prendre la tête et la nécessité de préserver son énergie sur les 2 400 mètres.
Le jockey a exprimé après le Takarazuka Kinen 2026 son souhait de pouvoir se rendre en France avec confiance. Il dispose désormais d’une nouvelle occasion de tenter de décrocher cette victoire qui manque encore à son palmarès.
Le défi de l’Arc : une distance et un terrain différents
Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe se dispute sur 2 400 mètres, soit 200 mètres de plus que le Takarazuka Kinen.

Cette différence peut sembler faible, mais elle est importante à ce niveau de compétition. Les chevaux doivent maintenir leur effort plus longtemps, tout en gérant les variations de rythme et les particularités du parcours.
Le terrain constitue également une inconnue. Meisho Tabaru a démontré son aptitude aux pistes souples au Japon, notamment lors de ses victoires dans le Mainichi Hai et le Takarazuka Kinen. Mais les conditions de Longchamp peuvent être différentes de celles qu’il a rencontrées jusqu’ici.
Au 24 septembre, les prévisions météorologiques annoncent une période plutôt sèche avant le week-end de l’Arc, même si des précipitations restent possibles. Les équipes de France Galop surveillent l’état du gazon afin de préparer une piste adaptée à la compétition.
L’entourage de Tabaru devra donc continuer à observer son comportement et son adaptation au cours des prochains jours.
Le rêve japonais face à l’histoire
Depuis plusieurs décennies, les meilleurs chevaux japonais tentent de remporter le Prix de l’Arc de Triomphe.
Des champions comme Orfèvre, Nakayama Festa et El Condor Pasa ont marqué l’histoire de cette compétition par leurs performances. Orfèvre avait notamment terminé deuxième en 2012 et 2013, tout près de la victoire.
Malgré ces résultats, aucun cheval entraîné au Japon n’a encore remporté l’Arc.
Meisho Tabaru arrive donc à Longchamp avec un palmarès solide, une expérience du plus haut niveau et un entourage qui connaît les exigences des grandes courses internationales.
Son père Gold Ship avait lui-même participé à l’Arc en 2014, sans parvenir à s’imposer. Son fils pourrait-il aller plus loin ?
Le rendez-vous est désormais fixé au dimanche 4 octobre 2026. Pour Meisho Tabaru, ce sera une nouvelle étape dans une carrière déjà riche en émotions, et peut-être l’occasion d’écrire une page inédite de l’histoire du keiba.
Meisho Tabaru en cinq anecdotes
1. Un père et un fils au même palmarès
Gold Ship a remporté deux Takarazuka Kinen consécutifs en 2013 et 2014. Son fils a reproduit cet exploit en 2025 et 2026.
2. Sa mère a offert sa dernière victoire à son entraîneur
Meisho Tsubakuro était le dernier cheval avec lequel Mamoru Ishibashi avait gagné une course avant de devenir entraîneur.
3. Il a arraché la longe de son soigneur
Réprimandé avant sa première victoire, Tabaru a tiré si violemment qu’il a fini par arracher la longe tenue par Mitsuo Uegomori.
4. Une victoire sous la pluie dédiée à Yoshio Matsumoto
Après le Takarazuka Kinen 2026, Yutaka Take a évoqué la pluie comme un signe envoyé du ciel par le propriétaire disparu.
5. Un exploit partagé par seulement trois chevaux
Avant Tabaru, seuls Gold Ship et Chrono Genesis avaient remporté deux Takarazuka Kinen consécutifs.
Conclusion : un champion, mais surtout une histoire de passion
Meisho Tabaru est aujourd’hui bien plus qu’un fils de Gold Ship au caractère difficile.
Son parcours raconte l’histoire d’un cheval qui a appris à exploiter son tempérament, d’un entraîneur qui a retrouvé une lignée importante de son passé, d’un soigneur qui a su gagner sa confiance et d’un jockey légendaire capable de s’adapter à sa personnalité.
Ses deux victoires consécutives dans le Takarazuka Kinen l’ont inscrit dans l’histoire des courses japonaises. Mais ce sont aussi les anecdotes de son quotidien, les liens avec son entourage et l’émotion de ses victoires qui le rendent si attachant.
C’est finalement ce qui fait toute la richesse des courses hippiques : derrière chaque champion, il y a un cheval unique, des hommes et des femmes qui l’accompagnent, et une histoire que les résultats seuls ne suffisent pas à raconter.
Chez Keiba.fr, c’est aussi cette histoire-là que nous souhaitons vous faire découvrir.