Le champion japonais Forever Young a encore marqué les esprits. Vendredi 18 septembre, à Belmont Park, le pensionnaire de Yoshito Yahagi s’est imposé dans le Jockey Club Gold Cup (G1), l’une des grandes courses américaines sur le dirt (piste en sable). Une victoire nette, obtenue avec 3 longueurs et quart d’avance, qui relance pleinement son objectif de l’automne : défendre son titre dans la prestigieuse Breeders’ Cup Classic.

Pour les amateurs de keiba, Forever Young n’est pourtant plus une découverte. Pour ceux qui commencent à s’intéresser aux courses japonaises, son parcours permet en revanche de comprendre pourquoi ce cheval est devenu l’un des grands ambassadeurs du Japon à l’étranger.
Forever Young, qui est-il ?
Né le 24 février 2021, Forever Young est un cheval japonais de 5 ans, issu de l’étalon Real Steel et de la jument Forever Darling, par Congrats.
Il a été élevé par Northern Farm, l’un des élevages les plus importants du Japon, et acheté lors du Select Sale 2022. Son propriétaire est Susumu Fujita, entrepreneur japonais et figure très connue du monde du keiba.
Il est entraîné au Japon par Yoshito Yahagi, l’un des entraîneurs japonais les plus expérimentés sur la scène internationale. Depuis ses débuts, il est associé au jockey Ryusei Sakai, qui l’a monté lors de toutes ses courses.
Cette stabilité est assez remarquable : derrière Forever Young, on retrouve donc un véritable trio devenu familier aux spectateurs japonais :
Susumu Fujita – propriétaire
Yoshito Yahagi – entraîneur
Ryusei Sakai – jockey
Et autour d’eux, toute l’équipe de l’écurie Yahagi, ainsi que Northern Farm pour l’élevage.
Un cheval qui voyage beaucoup
Forever Young s’est rapidement distingué par sa capacité à voyager et à affronter des adversaires venus de différents pays.
Son premier grand voyage international intervient dès l’hiver 2024. À seulement 3 ans, il remporte successivement le Saudi Derby (G3) puis l’UAE Derby (G2).
Quelques semaines plus tard, il traverse encore une fois le monde pour participer au Kentucky Derby (G1) aux États-Unis. Il termine troisième.
Il reviendra aux États-Unis quelques mois plus tard pour disputer la Breeders’ Cup Classic 2024, où il termine à nouveau troisième.
Ces deux troisièmes places ont contribué à installer son nom auprès du public américain, même s’il lui faudra attendre l’année suivante pour obtenir sa grande victoire aux États-Unis.
2024 : l’année où Forever Young s’impose au Japon
Après ses voyages américains, Forever Young revient au Japon et poursuit son ascension.
En octobre 2024, il remporte le Japan Dirt Derby (Jpn1), puis s’impose en décembre dans le Tokyo Daisho Ten (G1) à Oi.
Cette dernière victoire est particulièrement importante : elle confirme qu’il est capable de s’imposer face aux meilleurs chevaux de dirt japonais sur 2 000 mètres.
À la fin de l’année, son palmarès compte déjà plusieurs victoires internationales et nationales majeures.
2025 : la consécration internationale
L’année 2025 commence avec une nouvelle victoire dans la Saudi Cup (G1).
Forever Young se rend ensuite à Dubaï pour le Dubai World Cup (G1), où il termine troisième.
Mais c’est à l’automne que sa carrière change véritablement de dimension.
Après une victoire dans le Nippon TV Hai (Jpn2), il retourne aux États-Unis pour participer à la Breeders’ Cup Classic à Del Mar.
Cette fois, il ne laisse pas échapper sa chance.
Forever Young remporte la Breeders’ Cup Classic 2025.
Il devient alors le premier cheval japonais à remporter cette épreuve mythique du calendrier américain, après avoir déjà terminé troisième dans l’édition 2024.
Cette victoire lui vaut également le titre de Cheval de l’année 2025 au Japon, ainsi que celui de meilleur cheval de dirt.
2026 : encore la Saudi Cup, puis Dubaï
Forever Young commence 2026 là où il avait laissé son public : au sommet.
En février, il remporte pour la deuxième fois consécutive la Saudi Cup (G1).
Il se présente ensuite au départ de la Dubai World Cup (G1) le 28 mars. Cette fois, il doit se contenter de la deuxième place derrière Magnitude.
Après cette course, son entourage décide de lui laisser du temps avant son retour à la compétition.
L’été japonais étant peu propice à une préparation idéale pour un cheval destiné aux grandes courses internationales sur le dirt, l’équipe Yahagi choisit finalement de préparer une nouvelle campagne américaine.
Une petite parenthèse française qui n’aura pas lieu
Un autre scénario avait pourtant été envisagé.
Forever Young avait été engagé dans le Prix de l’Arc de Triomphe 2026, à ParisLongchamp.
L’idée était alors de tenter une campagne sur le gazon, avec notamment l’Irish Champion Stakes puis l’Arc.
Mais son entourage a finalement privilégié une route beaucoup plus familière : le dirt américain, avec le Jockey Club Gold Cup puis la Breeders’ Cup Classic.
Pour un cheval qui a construit l’essentiel de son palmarès sur cette surface, le choix peut aussi se comprendre par la volonté de poursuivre sur ce qui a déjà fait son succès.
Belmont Park : une rentrée parfaitement maîtrisée
Le 18 septembre, Forever Young retrouvait donc la compétition après près de six mois d’absence.
Et quel retour !
Le Jockey Club Gold Cup était disputé sur 2 000 mètres, sur le dirt de Belmont Park, pour la réouverture du célèbre hippodrome new-yorkais après plusieurs années de travaux.
Forever Young, monté comme toujours par Ryusei Sakai, a légèrement manqué son départ avant de rapidement se placer derrière les premiers.
À l’entrée du dernier tournant, Sakai a progressivement rapproché son cheval.
Puis Forever Young a pris la tête.
Dans la ligne droite, il s’est détaché sans véritablement être inquiété et s’est imposé de 3 longueurs et quart, devant Stars and Stripes et Baeza.
Son temps : 2’01 »23.
Pour une rentrée, le résultat est particulièrement impressionnant.
Une victoire qui compte plus qu’un simple Groupe 1
Le Jockey Club Gold Cup n’était pas seulement une course prestigieuse.
Elle faisait partie du programme « Win and You’re In » de la Breeders’ Cup.
Concrètement, cela signifie que le vainqueur obtenait une place automatique dans la Breeders’ Cup Classic, la grande course américaine sur 2 000 mètres qui aura lieu le 31 octobre à Keeneland.
Forever Young avait donc déjà son objectif en tête avant même de prendre le départ.
En remportant la course, il vient de franchir la première étape de son automne.
Un record supplémentaire pour le Japon
Cette victoire possède également une dimension historique.
Avec ce succès, Forever Young devient le premier cheval entraîné au Japon à compter quatre victoires de Groupe 1 à l’étranger.
Son palmarès international comprend désormais notamment :
- Saudi Cup 2025
- Breeders’ Cup Classic 2025
- Saudi Cup 2026
- Jockey Club Gold Cup 2026
Une série qui illustre parfaitement la nouvelle dimension prise par le keiba japonais depuis plusieurs années : les meilleurs chevaux japonais ne viennent plus seulement participer aux grandes courses internationales.
Ils viennent désormais les gagner.
Et maintenant, la Breeders’ Cup Classic
Le prochain grand rendez-vous est déjà connu.
31 octobre 2026, Keeneland, Kentucky.
Forever Young tentera d’y défendre son titre dans la Breeders’ Cup Classic.
Et l’enjeu est immense : s’il parvenait à gagner une deuxième fois consécutivement, il rejoindrait Tiznow, seul cheval à avoir remporté deux éditions consécutives de la Breeders’ Cup Classic, en 2000 et 2001.
Son entourage prévoit de rester aux États-Unis pour poursuivre sa préparation. Après Belmont, Forever Young doit continuer à s’entraîner sur place avant de rejoindre Keeneland à l’approche de la course.
Son entraîneur Yoshito Yahagi a d’ailleurs expliqué après le Jockey Club Gold Cup que le cheval n’était pas encore nécessairement à son meilleur niveau de préparation.
Autrement dit : la victoire de Belmont pourrait n’être que la première étape d’une montée en puissance vers le grand objectif de l’automne.
Forever Young, un cheval à suivre pour comprendre le keiba moderne
Pour un néophyte, Forever Young est aussi intéressant parce que son parcours raconte quelque chose de plus large.
Il est né, élevé et entraîné au Japon. Son jockey est japonais. Pourtant, une grande partie de son histoire s’écrit désormais à l’étranger : Arabie saoudite, Émirats arabes unis et États-Unis.
Il a affronté certaines des meilleures générations de chevaux de dirt de ces dernières années et a progressivement construit sa réputation en voyageant.
Et derrière lui, on retrouve plusieurs grandes figures du système japonais : Northern Farm pour l’élevage, Susumu Fujita pour la propriété, Yoshito Yahagi pour l’entraînement et Ryusei Sakai en selle.
C’est peut-être cela qui rend Forever Young aussi intéressant à suivre : il n’est plus seulement un champion japonais qui vient courir à l’étranger.
Il est devenu l’un des visages du keiba japonais sur la scène mondiale.
Et le 31 octobre, à Keeneland, il aura l’occasion d’écrire un nouveau chapitre de cette histoire.