Qatar Prix du Moulin de Longchamp 2026 : Gstaad veut enfin prendre sa revanche

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À 16h25, ParisLongchamp accueille l’un des grands rendez-vous européens de la saison sur le mile : le Qatar Prix du Moulin de Longchamp, Groupe 1 disputé sur 1 600 mètres.

Sept chevaux seulement seront au départ cette année, mais le petit nombre de partants ne doit surtout pas faire croire à un manque de qualité. Au contraire : le peloton rassemble plusieurs chevaux qui ont déjà affronté l’élite mondiale des milers.

Et au centre de toutes les attentions se trouve Gstaad.

Le pensionnaire d’Aidan O’Brien reste sur deux deuxièmes places en Groupe 1, à Ascot puis à Goodwood. Dans les deux cas, il a été battu par le même cheval : Bow Echo.

Or Bow Echo, invaincu en six sorties en 2026, a depuis été retiré de la compétition.

Pour Gstaad, le Moulin représente donc une occasion idéale : enfin décrocher un nouveau Groupe 1 après avoir été si souvent tout près du sommet.

Le Moulin, dernier grand sommet européen sur le mile

Créé en 1957, le Prix du Moulin de Longchamp est devenu l’un des rendez-vous majeurs de la saison européenne sur 1 600 mètres.

Un Groupe 1 est le plus haut niveau de compétition dans les courses de plat. Le Moulin rassemble ainsi les meilleurs spécialistes du mile, et sa position dans le calendrier, au début du mois de septembre, en fait souvent l’un des derniers grands affrontements européens de la saison sur cette distance.

Le palmarès récent suffit à comprendre son importance.

Baaeed, Dreamloper, Sauterne, Tribalist et Sahlan ont remporté les cinq dernières éditions. En 2025, Sahlan s’était imposé devant Rosallion et The Lion In Winter au terme d’une arrivée extrêmement serrée.

édition 2025

Et l’édition 2026 possède une particularité : plusieurs concurrents ont déjà prouvé leur valeur dans les plus grands mile européens.

1. Dreamliner : le représentant français qui tente sa chance au sommet

Dreamliner est le moins expérimenté des chevaux âgés du peloton en termes de références internationales.

Ce mâle de 4 ans est entraîné par Stéphane Wattel et appartient à Patrick Hugh Betts. Il est issu du champion allemand Adlerflug, un étalon particulièrement réputé pour transmettre de la tenue, et de Game Theory.

Dreamliner compte déjà cinq victoires en douze sorties, mais il découvre ici un niveau nettement supérieur. Sa saison 2026 est assez contrastée : après une victoire, il a terminé septième le 16 août à Deauville.

Son intérêt vient aussi de son profil : il connaît parfaitement les courses françaises et possède une certaine expérience du mile.

Mais face à des chevaux ayant déjà combattu dans plusieurs Groupes 1 internationaux, Dreamliner doit réaliser la meilleure performance de sa carrière pour espérer s’imposer.

Il sera monté par Théo Bachelot.

2. Opera Ballo : le cheval de Godolphin qui a déjà battu presque tout le monde… sauf Bow Echo

Opera Ballo est l’un des concurrents les plus expérimentés du peloton.

Ce mâle de 4 ans est entraîné par Charlie Appleby pour les couleurs de Godolphin, l’écurie fondée par Sheikh Mohammed Al Maktoum.

Et son année 2026 est remarquable.

Opera Ballo a commencé la saison par une victoire dans le Jebel Hatta, un Groupe 1 disputé à Meydan, à Dubaï. Il a ensuite remporté le bet365 Mile, un Groupe 2 à Sandown.

Puis il a affronté les meilleurs milers britanniques.

Il a terminé troisième des Queen Anne Stakes à Royal Ascot, avant de prendre à nouveau la troisième place dans le Sussex Stakes à Goodwood.

Cette dernière course est particulièrement intéressante pour comprendre le Moulin.

Le 29 juillet, Opera Ballo a terminé derrière Bow Echo et Gstaad, mais devant Ten Bob Tony. Gstaad n’avait devancé Opera Ballo que d’une longueur et trois quarts.

Il arrive donc à Paris avec une vraie référence.

Et contrairement à certains chevaux de vitesse, Opera Ballo possède une grande souplesse tactique : il peut courir près de la tête mais n’est pas obligé de mener.

Avec William Buick, son jockey habituel, et Charlie Appleby à l’entraînement, il possède tous les atouts d’un candidat sérieux.

3. Ten Bob Tony : le vétéran qui n’a rien perdu de sa vitesse

À cinq ans, Ten Bob Tony est le doyen du peloton.

Il est entraîné par Ed Walker, avec Tom Marquand en selle.

Son année 2026 avait pourtant commencé assez discrètement. Puis il a véritablement changé de dimension au printemps.

Il a remporté deux courses consécutives sur 7 furlongs (environ 1 400 mètres), dont le Tattenham Corner Stakes, un Groupe 3 disputé à Epsom.

Son plus grand exploit est cependant arrivé à Royal Ascot.

Le 16 juin, Ten Bob Tony a remporté les Queen Anne Stakes, Groupe 1 disputé sur le mile.

Et il ne s’agissait pas d’un succès anecdotique : il avait notamment battu Opera Ballo, qui terminait troisième.

Il a ensuite terminé quatrième du Sussex Stakes, derrière Bow Echo, Gstaad et Opera Ballo.

Cette quatrième place est loin d’être honteuse.

Ten Bob Tony avait même été présenté comme un cheval encore capable de progresser sur le mile, alors qu’il était encore relativement peu expérimenté sur cette distance.

Ed Walker connaît d’ailleurs très bien le Prix du Moulin.

Il est le dernier entraîneur britannique à avoir remporté cette course avec Dreamloper en 2022.

Ten Bob Tony revient donc à Paris avec une vraie chance de revanche.

4. Erdenali : la pépite Aga Khan qui veut passer du Groupe 3 au Groupe 1

Erdenali est probablement le cheval qui intrigue le plus parmi les candidats français.

Ce poulain de 3 ans est entraîné par Francis-Henri Graffard et appartient à Son Altesse l’Aga Khan, l’une des grandes figures historiques de l’élevage et des courses de pur-sang.

Et son début de carrière a été impressionnant.

Erdenali avait remporté ses trois premières courses, dont le Prix Messidor, un Groupe 3 disputé sur 1 600 mètres à Chantilly.

Lors de cette victoire, il était encore invaincu et s’était imposé face à des chevaux expérimentés comme Silius et Familly.

Pour comprendre le profil du cheval, il faut regarder son entourage.

Francis-Henri Graffard avait déjà remporté le Moulin en 2025 avec Sahlan. Mickaël Barzalona, qui monte Erdenali dimanche, était justement le jockey de Sahlan lors de cette victoire.

Le duo revient donc défendre le titre, même si cette fois le cheval est beaucoup moins expérimenté.

Erdenali vient toutefois de connaître sa première défaite, terminant troisième du Groupe 3 Prix Messidor ?

Correction importante : cette troisième place correspond à sa dernière sortie avant le Moulin, alors qu’il avait remporté ses trois courses précédentes. Il a donc déjà montré qu’il pouvait encaisser la montée de catégorie, mais il doit désormais franchir un nouveau palier face à des chevaux ayant plusieurs Groupe 1 derrière eux.

La configuration pourrait cependant lui convenir.

À trois ans, il bénéficiera d’un avantage au poids : 56 kg contre 58,5 kg pour les chevaux de quatre ans et plus.

C’est un avantage loin d’être négligeable dans un Groupe 1.

5. Gstaad : trois fois deuxième derrière Bow Echo, et maintenant son heure ?

C’est évidemment Gstaad qui concentre les regards.

Ce poulain de 3 ans est entraîné par Aidan O’Brien, le maître de Ballydoyle, et sera monté par Ryan Moore.

Et son année 2026 est presque une histoire à elle seule.

Au printemps, Gstaad avait terminé deuxième des 2000 Guineas Stakes à Newmarket, derrière Bow Echo.

Mais il n’a pas tardé à prendre sa revanche sur la scène irlandaise.

Le 23 mai, au Curragh, il a remporté les Tattersalls Irish 2,000 Guineas, un Groupe 1, avec trois longueurs d’avance sur Distant Storm.

Il avait alors confirmé qu’il faisait partie des meilleurs poulains européens de sa génération.

Puis Bow Echo est revenu.

Dans les St James’s Palace Stakes à Royal Ascot, Gstaad a encore terminé deuxième.

Et dans le Sussex Stakes, le scénario s’est répété.

Bow Echo a battu Gstaad d’une demi-longueur, après un duel magnifique dans la phase finale.

Trois affrontements, trois victoires de Bow Echo.

Mais trois fois, Gstaad a été son principal rival.

Un pedigree qui explique une partie de son talent

Gstaad est issu de Starspangledbanner, ancien champion sprinter devenu un étalon très influent.

Mais il possède surtout un lien familial particulièrement prestigieux : Gstaad est le demi-frère de Vandeek, ancien champion sprinter et double vainqueur de Groupe 1.

Gstaad avait été acheté 450 000 guinées lors de la vente de foals de décembre de Tattersalls par M.V. Magnier, pour le compte de l’entourage Coolmore. Il a été élevé par Maywood Stud.

Autrement dit, derrière Gstaad se trouve tout le savoir-faire de l’une des plus puissantes organisations du monde des courses.

Et cette fois, Bow Echo ne sera pas là.

Son retrait de la compétition signifie que Gstaad peut enfin essayer de décrocher un deuxième Groupe 1 sans avoir à affronter celui qui l’a systématiquement privé de la victoire ces derniers mois.

Une petite inquiétude avant Paris

Gstaad aurait initialement pu courir le Prix Jacques le Marois à Deauville au mois d’août.

Mais après le Sussex Stakes, il avait été victime d’une coupure profonde à la jambe qui avait nécessité un traitement antibiotique plus important que prévu. Son entourage avait donc préféré attendre et viser directement le Moulin.

Le Moulin est donc aussi une course de rentrée après cet incident.

Cela ajoute une petite inconnue autour de sa candidature.

Mais si Gstaad retrouve son niveau de Goodwood, il possède clairement une référence supérieure à la plupart de ses rivaux.

6. Dorset : la deuxième cartouche de Ballydoyle

Dorset est le deuxième représentant d’Aidan O’Brien.

Il sera monté par Wayne Lordan.

Son profil est cependant très différent de celui de Gstaad.

Dorset reste sur deux sorties difficiles dans des Groupes 1 et n’a pas encore réussi à s’imposer au niveau de l’élite cette année.

Il a notamment terminé dernier du Sussex Stakes remporté par Bow Echo.

Aidan O’Brien l’a toutefois supplémenté pour le Moulin le jeudi précédant la course. Une supplémentation signifie que le cheval n’avait pas été engagé initialement dans la course et que son entourage a payé une somme supplémentaire pour pouvoir l’aligner.

Ce choix montre que Ballydoyle croit suffisamment en son potentiel pour tenter l’aventure.

Mais sur les références récentes, il semble avoir besoin d’un net réveil pour jouer la victoire.

7. Nighttime : la carte française de Christopher Head

Enfin, Nighttime représente probablement la candidature française la plus intéressante avec Erdenali.

Ce poulain de 3 ans appartient à Wertheimer & Frère et est entraîné par Christopher Head, avec Maxime Guyon en selle.

Son histoire est déjà belle.

À deux ans, Nighttime avait remporté le Prix de la Rochette, un Groupe 3, avant de terminer deuxième du Prix Jean-Luc Lagardère, Groupe 1, à ParisLongchamp.

Il avait ainsi terminé sa première saison en montrant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs de sa génération.

En 2026, il a remporté le Prix Paul de Moussac, un Groupe 2 sur 1 400 mètres.

Il a ensuite affronté l’élite dans le Prix Jean Prat, Groupe 1 disputé à Deauville sur 1 400 mètres, terminant troisième et premier Français derrière Thesecretadversary et True Love.

Ce résultat explique pourquoi son entourage a choisi le Moulin.

Christopher Head avait annoncé plusieurs semaines auparavant que le Prix du Moulin était précisément l’objectif de Nighttime, préférant lui laisser le temps de se préparer plutôt que de courir le meeting de York.

Et il existe une petite histoire familiale derrière ce choix.

Christopher Head, fils de l’entraîneur légendaire Freddy Head, a rapidement construit sa propre réputation dans les grandes courses françaises. Il s’est notamment imposé au plus haut niveau avec plusieurs générations de chevaux issus de l’élevage Wertheimer.

Nighttime est donc l’un de ses représentants les plus importants de la génération 2023.

Une confrontation entre générations

Ce qui rend ce Moulin particulièrement intéressant, c’est la confrontation entre deux générations.

D’un côté, les chevaux de quatre et cinq ans :

Opera Ballo, vainqueur de Groupe 1 à Meydan ;

Ten Bob Tony, vainqueur des Queen Anne Stakes ;

Dreamliner, outsider français.

De l’autre, trois chevaux de trois ans :

Gstaad, vainqueur des Irish 2,000 Guineas ;

Erdenali, trois fois vainqueur avant de monter au niveau Groupe 1 ;

Nighttime, vainqueur du Prix Paul de Moussac et troisième du Prix Jean Prat ;

auxquels s’ajoute Dorset, qui tente de retrouver son meilleur niveau.

Et les conditions de course jouent en faveur des trois ans : ils porteront 56 kg, contre 58,5 kg pour leurs aînés.

Sur 1 600 mètres, cet écart peut avoir son importance.

Gstaad peut-il enfin prendre le dessus ?

Sur le papier, Gstaad possède la référence la plus évidente.

Il est double vainqueur de Groupe 1 et reste sur deux deuxièmes places dans des courses majeures, derrière un cheval qui semblait alors quasiment imbattable.

Mais son adversaire principal ne sera pas là.

La question est donc simple : Gstaad était-il réellement le deuxième meilleur miler d’Europe, ou Bow Echo lui était-il simplement supérieur ?

Le Moulin va commencer à apporter la réponse.

Derrière lui, Opera Ballo possède l’expérience et la régularité nécessaires pour profiter du moindre faux pas.

Ten Bob Tony a déjà battu Opera Ballo à Royal Ascot et connaît parfaitement le mile.

Erdenali possède le poids d’un trois ans et une marge de progression potentiellement importante.

Et Nighttime revient à ParisLongchamp avec un objectif préparé depuis plusieurs mois par Christopher Head.

Le petit nombre de partants pourrait même favoriser les chevaux capables de produire une accélération très franche dans la ligne droite.

Le dernier grand test des milers avant l’automne

Le Qatar Prix du Moulin de Longchamp est souvent considéré comme l’un des derniers grands sommets européens sur le mile avant la fin de saison.

Et cette édition 2026 possède une saveur particulière.

Elle pourrait être celle où Gstaad cesse enfin d’être « le cheval derrière Bow Echo » pour devenir le champion qu’il est peut-être déjà.

Il a remporté les Irish 2,000 Guineas.

Il a été deuxième de trois grandes courses derrière un phénomène.

Il a déjà battu certains des chevaux présents dimanche.

Mais il lui manque encore une victoire française au plus haut niveau.

À 16h25, ParisLongchamp lui offre l’occasion de compléter son histoire.

Et derrière lui, une nouvelle génération française menée par Nighttime et Erdenali rêve déjà de lui voler la vedette.

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