Dimanche 6 septembre, ParisLongchamp accueille l’une des courses les plus importantes de la journée des Qatar Arc Trials : le Qatar Prix Vermeille, Groupe 1 disputé sur 2 400 mètres.
À 15h50, treize juments vont se retrouver face à face sur la Grande Piste. Des 3 ans découvrant pour certaines le très haut niveau aux juments plus expérimentées, le plateau propose un véritable mélange de générations.

Et l’enjeu est considérable : la gagnante bénéficiera d’une place garantie au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, trois semaines plus tard à ParisLongchamp. C’est donc bien plus qu’un simple Groupe 1 : le Vermeille constitue l’un des grands rendez-vous permettant de mesurer les meilleures femelles européennes avant l’Arc.
Une course presque aussi vieille que l’Arc
Créé en 1897, le Prix Vermeille est l’une des grandes institutions du calendrier français.
À l’origine, la course était réservée aux pouliches de 3 ans et constituait notamment une sorte de revanche du Prix de Diane sur la distance classique de 2 400 mètres. Depuis, ses conditions ont évolué pour devenir une épreuve réservée aux femelles de 3 ans et plus.
Aujourd’hui, le Vermeille est souvent présenté comme une sorte de « version féminine de l’Arc ». Il permet de confronter les différentes générations de juments et constitue l’un des trois grands préparatoires des Qatar Arc Trials, avec le Prix Niel et le Prix Foy.
L’histoire récente illustre parfaitement son importance.
En 2024, Bluestocking remportait le Vermeille avant de s’imposer quelques semaines plus tard dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. En 2025, c’est Aventure qui gagnait à ParisLongchamp avant de prendre à nouveau la deuxième place de l’Arc, derrière Bluestocking.
Autrement dit : lorsqu’une jument gagne ici, il faut immédiatement regarder ce qu’elle pourrait faire trois semaines plus tard.
1. Tattycoram : une jument britannique qui connaît désormais parfaitement les longues distances
Tattycoram représente l’Angleterre sous l’entraînement de Ralph Beckett, avec Oisin Murphy en selle.
Cette fille de Camelot, issue de la famille de Illaunmore, possède déjà une vraie expérience des longues distances.
Elle a notamment remporté deux courses Listed en 2026, dont une victoire particulièrement convaincante à Newmarket sur 2 400 mètres au début du mois de juillet. Elle s’était alors imposée de quatre longueurs et demie.
Son dernier parcours est toutefois plus mitigé. Le 20 août à York, dans les Yorkshire Oaks, elle a terminé cinquième, à un peu plus de six longueurs de Kalpana.
Cela reste néanmoins une candidate intéressante : Tattycoram connaît la distance, possède de la tenue et évolue dans une écurie qui sait préparer ses chevaux pour les grands rendez-vous.
Elle devra cependant franchir un nouveau palier pour jouer les premiers rôles dans ce Groupe 1.
2. Sunly : la protégée de Francis-Henri Graffard a déjà goûté au très haut niveau
Sunly est l’une des juments les plus intéressantes du côté français.
La pensionnaire de Francis-Henri Graffard appartient à Juddmonte Farms, l’une des plus prestigieuses maisons d’élevage et de courses au monde. Elle sera montée par Colin Keane, qui la connaît déjà bien.
Fille de Night of Thunder et de Suffused, Sunly avait déjà montré beaucoup de qualité en 2025 avec plusieurs victoires et une deuxième place dans le Prix Vermeille.
En 2026, elle a commencé sa saison par une victoire dans un Groupe 2 à Saint-Cloud, avant de prendre la deuxième place du Prix Corrida, derrière Aventure. Elle a ensuite terminé troisième du Grand Prix de Saint-Cloud, un Groupe 1 disputé sur 2 400 mètres.
Ce dernier élément est particulièrement intéressant pour dimanche : Sunly a déjà démontré qu’elle pouvait tenir les 2 400 mètres face à des chevaux de très haut niveau.
Francis-Henri Graffard avait d’ailleurs clairement identifié son potentiel dès le printemps 2026, la considérant comme une véritable jument de 2 400 mètres et espérant la voir décrocher un Groupe 1 cette saison.
Elle possède donc l’un des profils les plus solides du peloton.
3. Friendly Soul : le retour d’une ancienne gagnante de Groupe 1
Friendly Soul est probablement l’une des histoires les plus intéressantes de cette édition.
Cette fille de Kingman appartient à George Strawbridge et est entraînée par John & Thady Gosden.
En 2024, elle avait remporté quatre de ses cinq sorties, avec notamment le Prix de l’Opéra Longines, un Groupe 1 disputé à ParisLongchamp. Elle avait alors été l’une des révélations de la saison.
Mais sa carrière a ensuite été interrompue pendant une très longue période.
Son retour en 2026 a commencé de manière particulièrement malchanceuse. À Haydock, elle avait posé le pied dans un trou du parcours et avait été arrêtée par Oisin Murphy. Heureusement, elle n’avait pas été blessée.
Elle a ensuite retrouvé progressivement ses sensations.
Troisième des Duke of Cambridge Stakes à Royal Ascot, elle a surtout terminé deuxième du Qatar Nassau Stakes à Goodwood, derrière l’invaincue Diamond Necklace. Dans cette course, elle a tenté de mettre la pression sur la future lauréate, avant de devoir s’incliner face à une pouliche exceptionnelle.
Ce résultat est très important pour le Vermeille : Friendly Soul a montré qu’elle était revenue à un niveau proche de celui qui lui avait permis de gagner le Prix de l’Opéra.
La grande question est désormais sa capacité à tenir 2 400 mètres. Elle possède la classe, mais cette distance représente un nouveau défi.
4. Survie : l’invitée américaine qui revient en France au meilleur moment
Survie est l’une des juments les plus expérimentées du peloton.
Cette fille de Churchill est entraînée par George Boughey et appartient à Michael Tabor, l’une des figures majeures de l’association Coolmore.
Son histoire récente est particulièrement intéressante : après avoir rejoint l’écurie de George Boughey, elle a retrouvé une seconde jeunesse aux États-Unis.
En août, elle a remporté successivement le Christophe Clement Turf Stakes à Saratoga, après avoir déjà remporté le Glens Falls Stakes. Elle arrive donc en France avec deux succès consécutifs, dont un Groupe 1.
Et ce n’est pas la première fois que Survie se distingue dans le Vermeille : en 2025, elle avait terminé quatrième, à une courte tête du podium, derrière Aventure, Gezora et Bedtime Story.
Son entourage aurait pu choisir d’attendre les prochaines échéances américaines, mais George Boughey a préféré revenir à Paris après avoir constaté l’excellente forme de sa jument à l’entraînement.
Un choix qui en dit long sur la confiance de son entourage.
Et pour l’occasion, Ryan Moore effectue spécialement le déplacement pour retrouver Survie. Il ne montera donc aucun des trois représentants d’Aidan O’Brien dans cette course, une situation assez inhabituelle pour le jockey.
5. Rabbit’s Foot : une spécialiste des longues distances
Autre pensionnaire de Francis-Henri Graffard, Rabbit’s Foot représente les couleurs de White Birch Farm.
Cette fille de Golden Horde est une véritable spécialiste des longues distances.
Elle a notamment terminé deuxième du Prix de la Seine sur 2 800 mètres en mai avant de remporter un Listed sur 2 400 mètres à Chantilly en juin.
Et surtout, elle vient de renouer avec la victoire à Deauville, le 15 août, en remportant une épreuve de 2 400 mètres. Elle s’est imposée d’une longueur avec Mickaël Barzalona, qu’elle retrouvera dimanche.
Son profil est donc très clair : ce n’est peut-être pas la jument la plus brillante du peloton sur le papier, mais les 2 400 mètres ne lui font absolument pas peur.
Elle pourrait profiter d’une course sélective et d’un rythme soutenu.
6. Pink Panthera : une Française qui connaît déjà les grandes courses
Pink Panthera est l’une des représentantes françaises les plus intéressantes chez les 3 ans.
Elle est entraînée par Patrice Cottier et appartient à l’association Alain Jathière / Jean-Pierre-Joseph Dubois. Elle est issue de Chachnak et de Peinture Rose, par Storm Cat.
Son début de carrière 2026 est particulièrement régulier.
Elle a gagné le Derby du Midi sur 1 900 mètres, puis terminé troisième du Prix de la Seine sur 2 200 mètres. Elle a ensuite pris la deuxième place du Prix de Diane Longines, avant de finir deuxième du Prix de Malleret, déjà sur 2 400 mètres.
Autrement dit, Pink Panthera a déjà prouvé qu’elle possédait le niveau pour évoluer dans les Groupes et qu’elle appréciait la distance.
Elle sera associée à Pierre-Charles Boudot, avec lequel elle avait justement terminé deuxième du Prix de Malleret.
Son principal problème est peut-être simplement qu’elle doit désormais franchir le dernier palier : passer de très bonne jument de Groupe à véritable gagnante de Groupe 1.
7. Botagoz : l’outsider qui a déjà affronté Diamond Necklace
Botagoz, entraînée par Roger Varian et montée par Ray Dawson, arrive avec un profil très intéressant.
Cette fille de Mehmas, propriété de Nurlan Bizakov, avait remporté ses deux premières courses avant de monter progressivement de catégorie.
Elle a notamment remporté un Groupe 3 à Newcastle sur 2 000 mètres en juin.
Mais son principal argument vient de sa dernière sortie : dans le Qatar Nassau Stakes, elle a affronté Diamond Necklace et Friendly Soul. Elle a terminé quatrième, derrière ces deux juments et See The Fire.
Elle avait donc déjà été confrontée à deux adversaires particulièrement solides de ce Vermeille.
Roger Varian décrit une pouliche capable de voyager dans le groupe avant de produire une accélération franche. Lors de sa victoire à Nottingham, elle avait notamment produit une belle accélération dans la ligne droite pour s’imposer de deux longueurs.
Elle devra toutefois progresser par rapport à son dernier parcours.
8. Beautify : le pari d’Aidan O’Brien
Beautify est l’une des trois représentantes d’Aidan O’Brien.
La pouliche est montée par Christophe Soumillon, une association qui apporte évidemment une énorme expérience des grandes courses françaises.
Son problème est toutefois sa forme récente.
Elle reste sur une huitième place dans le Sumbe Prix Jean et Louis Romanet, un Groupe 1 disputé à Deauville. C’est d’ailleurs ce résultat qui explique pourquoi elle arrive à Paris avec davantage de questions que certaines de ses rivales.
Mais son entourage ne vient évidemment pas à Paris sans raison.
Beautify avait montré beaucoup de qualité à 2 ans, notamment en remportant un Groupe 2 et en terminant deuxième du Moyglare Stud Stakes, Groupe 1 irlandais.
Le problème sera donc de savoir si elle peut retrouver cette valeur sur 2 400 mètres.
9. Romantic Symphony : quatre victoires et une progression spectaculaire
Romantic Symphony représente les couleurs de Godolphin, avec Charlie Appleby à l’entraînement et William Buick en selle.
Cette fille de Dubawi, issue de Rumh par Monsun, possède déjà quatre victoires en six sorties.
Et surtout, elle arrive en pleine progression.
Après avoir remporté une Listed à Newmarket début août, elle s’est imposée à Deauville le 16 août dans le Prix Lady O’Reilly – Prix Minerve, un Groupe 3 disputé sur 2 400 mètres.
Elle a alors battu Calasita d’une longueur et quart.
C’est probablement l’une des candidates les plus séduisantes parmi les 3 ans.
Elle a déjà gagné sur la distance, elle reste sur deux victoires et appartient à une écurie particulièrement redoutable dans les grandes échéances internationales.
Le Vermeille représente toutefois un changement de dimension considérable par rapport au Groupe 3 de Deauville.
10. Composing : une autre carte d’Aidan O’Brien
Composing complète le trio d’Aidan O’Brien.
Elle sera montée par Ronan Whelan, et arrive avec une musique beaucoup moins flatteuse que celle de Romantic Symphony ou Lapotheose.
Elle reste notamment sur une neuvième place dans les Irish Oaks, un Groupe 1 disputé au Curragh. France Galop la présente justement comme l’une des trois représentantes d’O’Brien, avec Beautify et Sugar Island.
Elle possède cependant une expérience importante des courses de haut niveau et l’écurie Ballydoyle n’est jamais à négliger dans ce type de rendez-vous.
Pour elle, l’objectif sera avant tout de retrouver son meilleur niveau.
11. Sparan Nua : la deuxième du Yorkshire Oaks
S’il y a une candidature qui attire immédiatement l’attention après la dernière sortie, c’est Sparan Nua.
La pensionnaire de Jim Bolger, propriété de Newtown Anner Stud Farm, avait commencé 2026 par trois victoires consécutives.
Elle a notamment remporté une course sur 2 400 mètres à Cork avant de se mesurer aux meilleures pouliches irlandaises.
Puis est venu le Yorkshire Oaks, Groupe 1 disputé à York le 20 août.
Pour sa première association avec Rossa Ryan, Sparan Nua a terminé deuxième, battue seulement d’une courte tête par Kalpana dans un groupe de neuf concurrentes.
C’est une performance particulièrement intéressante.
Elle arrive donc à Paris avec une deuxième place dans un Groupe 1 sur 2 400 mètres et une vraie aptitude à la distance.
Son tirage à la corde, avec le numéro 1, pourrait également avoir son importance.
12. Lapotheose : l’une des révélations françaises de l’année
Lapotheose est probablement l’une des candidatures les plus intrigantes.
Cette pouliche entraînée par Yann Barberot compte déjà quatre victoires en cinq sorties.
Elle avait notamment enchaîné trois succès avant de se rendre en Allemagne pour le Prix 168. Deutsches Stuten-Derby, autrement dit le Düsseldorf German Oaks, disputé sur 2 200 mètres.
Elle y a terminé deuxième le 2 août 2026.
Cette performance est intéressante parce qu’elle montre qu’elle peut déjà rivaliser avec des pouliches de haut niveau sur une distance intermédiaire.
Et le passage à 2 400 mètres ne semble pas être un problème pour son entourage.
Avec seulement cinq courses au compteur, Lapotheose possède surtout une marge de progression potentiellement importante.
Elle est donc l’une des 3 ans capables de venir perturber la hiérarchie établie.
13. Sugar Island : une nouvelle tentative pour Aidan O’Brien
Enfin, Sugar Island constitue la troisième cartouche d’Aidan O’Brien.
Elle sera montée par Wayne Lordan.
Son année 2026 est assez irrégulière, mais elle possède tout de même une référence intéressante : elle a remporté une course à 2 ans et a montré suffisamment de qualité pour être régulièrement alignée dans les grandes épreuves de sa génération.
Plus récemment, elle a terminé septième des Yorkshire Oaks, remportées par Kalpana, dans lesquelles Sparan Nua prenait la deuxième place.
Aidan O’Brien a néanmoins indiqué qu’elle appréciait les terrains souples, ce qui pourrait être un élément intéressant selon l’évolution de la piste dimanche.
Elle devra cependant nettement hausser son niveau pour jouer les premiers rôles.
Une course où les 3 ans affrontent leurs aînées
L’un des intérêts majeurs de ce Vermeille est justement la confrontation entre générations.
Les 4 et 5 ans disposent de l’expérience et de références solides au niveau Groupe 1.
Sunly, Friendly Soul et Survie ont déjà montré qu’elles pouvaient évoluer au plus haut niveau.
Face à elles, les 3 ans arrivent avec davantage d’inconnues mais parfois une marge de progression supérieure.
Pink Panthera a terminé deuxième du Prix de Diane et du Prix de Malleret.
Romantic Symphony vient de remporter deux courses consécutives sur 2 400 mètres.
Sparan Nua vient de terminer deuxième du Yorkshire Oaks.
Lapotheose reste sur une deuxième place dans les German Oaks.
Et Botagoz a déjà affronté Diamond Necklace et Friendly Soul dans le Nassau Stakes.
Le Vermeille devient donc une véritable photographie de la hiérarchie des femelles européennes à quelques semaines de l’Arc.
Et surtout : une place pour l’Arc à gagner
Cette année, l’enjeu est encore plus concret.
La gagnante du Qatar Prix Vermeille bénéficiera d’une place garantie dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe.
Le dispositif prévoit même qu’une jument non engagée dans l’Arc puisse bénéficier d’un engagement supplémentaire offert après sa victoire.
C’est une manière de transformer le Vermeille en véritable porte d’entrée vers le plus grand rendez-vous de l’année à ParisLongchamp.
L’histoire récente montre d’ailleurs que cette passerelle peut fonctionner à merveille.
En 2024, Bluestocking a gagné le Vermeille avant de gagner l’Arc.
En 2025, Aventure a remporté le Vermeille avant de terminer deuxième de l’Arc.
Alors, qui prendra cette année le relais ?