Dimanche 30 août 2026 — 15 h 45 — Niigata Racecourse — G3 — 2 000 m gazon extérieur – 8 h 45 en France
Imaginez une course où cinq chevaux ont déjà remporté un Groupe 1, où deux jeunes de trois ans viennent défier leurs aînés, où un ancien champion revient après près d’un an d’absence… et où tout peut se jouer dans une ligne droite de près de 660 mètres.
Bienvenue au Niigata Kinen.
Cette course japonaise, disputée dimanche 30 août à 15 h 45, ne possède peut-être pas le prestige international d’un Japan Cup ou d’un Tenno Sho. Pourtant, son édition 2026 est particulièrement intéressante.

2025 Niigata Kinen winner Shirankedo By TRJN – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=174874025
Le plateau ne compte que 11 chevaux, alors que le parcours pourrait en accueillir davantage. Mais parmi ces onze concurrents figurent cinq vainqueurs de Groupe 1 :
- Urban Chic, vainqueur du Kikuka Sho 2024 ;
- Stellenbosch, gagnante de la Sakura Sho 2024 ;
- Cervinia, gagnante du Yushun Himba et de l’Akka Sho 2024 ;
- Durezza, vainqueur du Kikuka Sho 2023 ;
- Rodeo Drive, champion du NHK Mile Cup 2026.
À cela s’ajoutent Zoroastro, vainqueur du Kisaragi Sho G3, et Danon Cima, qui reste sur deux troisièmes places en Groupe 2.
C’est la raison pour laquelle la presse japonaise parle déjà d’un « Super G3 ».
Et cette concentration de champions n’est pas forcément un hasard.
Le Niigata Kinen, une vieille dame de 61 ans
Le Niigata Kinen a été créé en 1965.
C’est la plus ancienne course de Groupe actuellement organisée à l’hippodrome de Niigata. Lors de sa création, elle était déjà disputée sur 2 000 mètres, mais sur l’ancien parcours en herbe de l’hippodrome.
En 1974, elle passe sur le parcours extérieur.
Puis vient une révolution en 2001.
L’hippodrome de Niigata est entièrement réaménagé et passe d’un sens de rotation à droite à un sens de rotation à gauche. Depuis 2002, le Niigata Kinen est donc disputé sur le spectaculaire 2 000 mètres extérieur actuel.
En 1984, avec l’introduction du système de classement japonais des courses, le Niigata Kinen devient un G3.
Puis, en 2006, il rejoint le Summer 2000 Series, le championnat estival japonais consacré aux courses de 2 000 mètres.
Le principe est assez simple : plusieurs grandes courses disputées durant l’été permettent aux chevaux d’accumuler des points. Le Niigata Kinen constitue la dernière étape de ce championnat.
Mais il y a eu un changement beaucoup plus récent… et particulièrement important
Pourquoi le plateau est-il devenu aussi prestigieux ?
Pendant presque toute son histoire, le Niigata Kinen était une course à handicap.
En hippisme, un handicap consiste à faire porter des poids différents aux chevaux afin de théoriquement rééquilibrer leurs chances.
Un excellent cheval pouvait donc se retrouver avec beaucoup de kilos sur le dos, tandis qu’un concurrent moins réputé bénéficiait d’un poids plus léger.
Depuis 2025, le système a changé.
Le Niigata Kinen est désormais une course à poids à conditions, c’est-à-dire que le poids porté par chaque cheval est déterminé par des règles liées à son âge et à son niveau de performance, plutôt que par un handicap classique.
Et ce changement semble avoir une conséquence très intéressante.
Les chevaux de haut niveau peuvent désormais venir courir cette épreuve sans subir la logique particulière d’un handicap.
Résultat ?
En 2026, on retrouve cinq vainqueurs de G1 au départ.
Le Niigata Kinen pourrait donc être en train de changer de visage.
Un parcours qui ne ressemble à presque aucun autre
Pour comprendre cette course, il faut comprendre Niigata.
Le 2 000 mètres extérieur de Niigata est un parcours extrêmement particulier.
Les chevaux ne négocient que deux virages.
Ils partent d’un point situé très loin dans le deuxième tournant, puis parcourent environ 950 mètres avant d’atteindre le troisième virage.
Et après les deux virages vient la partie qui fait toute la réputation de Niigata :
658,7 mètres de ligne droite.
C’est la plus longue ligne droite des hippodromes japonais classiques sur gazon, à l’exception du parcours particulier de 1 000 mètres en ligne droite de Niigata.
Pour un débutant, cela change énormément la manière de regarder la course.
Sur certains hippodromes, un cheval mal placé à l’entrée du dernier virage peut pratiquement dire adieu à ses chances.
À Niigata, ce n’est pas forcément le cas.
Un cheval peut encore être plusieurs longueurs derrière et avoir suffisamment de temps pour revenir.
Le piège de la longue ligne droite
Mais attention : cela ne signifie pas que les chevaux qui courent à l’arrière gagnent systématiquement.
Au contraire.
La JRA explique que le faible nombre de virages favorise souvent un peloton qui reste relativement groupé. Et comme les jockeys savent qu’ils disposent d’une énorme ligne droite, le début et le milieu de course peuvent être relativement calmes.
La course se transforme alors souvent en duel de vitesse dans les derniers mètres.
C’est ce qu’on appelle au Japon un 上がり勝負 (agari shōbu), une arrivée où les chevaux se départagent principalement sur leur capacité à accélérer dans la phase finale.
Pour le spectateur, cela peut être spectaculaire.
Pendant une grande partie de la course, rien ne semble se passer.
Puis, soudain, les chevaux commencent à accélérer.
Et avec près de 660 mètres pour produire leur effort, le peloton peut complètement changer d’apparence.
Les 11 concurrents
1 — Urban Chic
5 ans — mâle — 59 kg
Jockey : Kosei Miura
Entraîneur : Ryo Takei
Cote indicative : 20,9
Urban Chic est l’un des chevaux les plus expérimentés du peloton.
Et surtout, c’est un ancien champion classique.
Il a remporté le Kikuka Sho 2024, le Groupe 1 japonais disputé sur 3 000 mètres et considéré comme le grand test d’endurance de la génération.
Il a également participé à de grandes épreuves internationales et japonaises, notamment le Hong Kong Vase, le Tenno Sho (Automne) et le Takarazuka Kinen.
Mais son année 2026 est beaucoup plus compliquée.
Sa dernière sortie, dans le Kinko Sho G2, s’est soldée par une 14e place.
Il faut cependant remettre cette performance dans son contexte : un problème de saignement nasal avait été constaté après la course.
Son style
Urban Chic possède un profil de cheval qui aime économiser ses forces avant de produire son effort.
C’est précisément le genre de profil qui peut être intéressant à Niigata.
La longue ligne droite lui donne le temps de se rapprocher progressivement.
Son pedigree
Son père est Suave Richard, fils du légendaire Heart’s Cry, lui-même fils de Sunday Silence.
Sa mère, Fiducia, est issue de Harbinger.
Le pedigree est donc profondément marqué par les grandes lignées japonaises capables de produire des chevaux de distance.
Le point d’interrogation
Urban Chic porte 59 kg, soit l’un des poids les plus élevés du peloton.
Il doit surtout montrer que sa mauvaise performance du printemps appartient au passé.
2 — Savona
6 ans — mâle — 57 kg
Jockey : Kenichi Ikezoe
Entraîneur : Kazuya Nakatake
Cote indicative : 30,9
Savona est l’un des chevaux les plus expérimentés du peloton.
Il a déjà couru sur des distances très variées, de 2 000 à 3 000 mètres.
En avril 2026, il a remporté le Fukushima Minpo Hai, une course Listed sur 2 000 mètres.
Il a ensuite terminé :
- 3e du Hanshin Daishoten G2 sur 3 000 m ;
- 3e du Meguro Kinen G2 sur 2 500 m ;
- avant de terminer 10e du Tanabata Sho G3 sur 2 000 m.
Il ne faut donc surtout pas le considérer comme un simple outsider sans expérience.
Son style
Savona est plutôt un cheval de tenue.
Il peut se placer dans le peloton et produire un effort progressif plutôt que de miser uniquement sur une accélération fulgurante.
Cela pourrait être intéressant si la course devient plus rythmée que prévu.
Son pedigree
Son père est Kizuna, fils de Deep Impact et petit-fils de Sunday Silence.
Sa mère, Tashiro Speed, est issue de Snitzel, l’un des grands étalons australiens.
On retrouve donc un mélange entre une grande lignée japonaise de tenue et une influence australienne davantage associée à la vitesse.
Le point d’interrogation
Il reste sur une performance décevante.
Mais sa victoire au printemps sur 2 000 mètres montre qu’il possède toujours les armes nécessaires.
3 — Jun Blossom
7 ans — mâle — 58 kg
Jockey : Masaki Sugihara
Entraîneur : Yasutoshi Tomomichi
Cote indicative : 41,8
Jun Blossom est l’un des vétérans de cette édition.
Il compte 28 courses pour 5 victoires, avec notamment une victoire dans le Fuji Stakes G2 en 2024.
Il a également terminé deuxième du Yomiuri Milers Cup G2 et troisième du Sekiya Kinen G3.
Mais son problème est que sa carrière s’est principalement construite autour du mile et des 1 600-1 800 mètres.
Il a néanmoins montré qu’il pouvait tenir 2 000 mètres.
Son style
C’est un cheval qui aime attendre avant de produire son effort.
Son meilleur atout est donc probablement sa capacité à utiliser la longue ligne droite de Niigata.
Il vient d’ailleurs de courir à Niigata, dans le Kanetsu Stakes sur 1 800 mètres, où il a terminé 9e.
Son pedigree
Son père est World Ace, un fils de Deep Impact.
Sa mère est issue de Kurofune.
C’est donc une combinaison typiquement japonaise entre une lignée de gazon très performante et une influence américaine apportant vitesse et puissance.
Le point d’interrogation
À sept ans, peut-il encore rivaliser avec les jeunes champions ?
Sa connaissance du parcours pourrait toutefois être un avantage.
4 — Stellenbosch
5 ans — femelle — 56 kg
Jockey : Keita Tosaki
Entraîneur : Keisuke Miyata
Cote indicative : 15,4
Stellenbosch est une véritable championne.
En avril 2024, elle a remporté la Sakura Sho G1, le grand classique japonais des pouliches sur 1 600 mètres.
Elle a ensuite terminé deuxième du Yushun Himba avant de remporter l’Akka Sho, devenant ainsi l’une des grandes références de sa génération.
Mais sa carrière a connu un coup d’arrêt.
À quatre ans, elle n’a jamais terminé mieux que huitième.
Puis quelque chose a changé en 2026.
En mai, elle a terminé 2e de l’Epsom Cup G3, à seulement une courte tête de Trovatore.
Elle semblait alors retrouver une partie de son meilleur niveau.
Son entourage espère désormais une véritable renaissance.
Son style
Stellenbosch semble particulièrement intéressante lorsqu’elle peut patienter tranquillement avant de produire son effort.
Et le parcours de Niigata pourrait justement lui convenir.
Avec seulement deux virages, le jockey peut lui permettre de trouver son rythme avant de la lancer dans la longue ligne droite.
Son pedigree
Elle est issue d’Epiphaneia, fils de Symboli Kris S.
Sa mère, Blue Clans, est une fille de Rulership.
Elle appartient à une famille maternelle très recherchée de l’élevage japonais.
Un détail intéressant
Stellenbosch et Zoroastro sont entraînés dans la même écurie de Keisuke Miyata.
Et les deux chevaux ont travaillé ensemble avant cette course.
Le 19 août, ils ont notamment effectué un travail commun, Zoroastro se montrant particulièrement impressionnant.
5 — Zoroastro
3 ans — mâle — 55 kg
Jockey : Mirai Iwata
Entraîneur : Keisuke Miyata
Cote indicative : 5,3
Voilà l’un des chevaux les plus passionnants de cette course.
Zoroastro n’a que trois ans.
Il compte 6 courses pour 2 victoires, 2 deuxièmes places et 1 troisième place.
Et il a déjà remporté un Groupe 3 : le Kisaragi Sho en février.
Il avait ensuite participé au Satsuki Sho, le premier grand classique japonais de la saison, sur 2 000 mètres.
Il y avait terminé 12e.
Puis il devait tenter le Derby japonais.
Mais un saignement nasal l’a contraint à renoncer.
Le Niigata Kinen est donc son retour à la compétition après environ quatre mois et demi.
Pourquoi les Japonais sont-ils aussi intéressés ?
Parce que son entourage considère que son potentiel est encore loin d’être totalement exploité.
Son entraîneur Keisuke Miyata a notamment souligné que le long parcours de Niigata et sa large ligne droite devraient lui convenir.
Lors de son travail du 19 août, Zoroastro a terminé son dernier furlong en 11,0 secondes, une performance qui a particulièrement impressionné son entourage.
Son style
Zoroastro est un cheval capable de patienter avant de produire une accélération.
Et cette capacité peut être extrêmement précieuse à Niigata.
Il ne devra toutefois pas se retrouver trop loin si le rythme est lent.
Son pedigree
Son père est Maurice, champion japonais sur le mile et les distances intermédiaires.
Sa mère est issue de Deep Impact.
Il possède donc un pedigree réunissant deux des lignées les plus importantes de l’élevage japonais moderne.
Son énorme avantage
55 kg.
Il porte quatre kilos de moins que Urban Chic et Durezza.
Et pour un jeune cheval en pleine progression, cela peut compter énormément.
6 — Danon Cima
4 ans — mâle — 57 kg
Jockey : Yuga Kawada
Entraîneur : Mitsumasa Nakauchida
Cote indicative : 3,0
Si Rodeo Drive est la star annoncée, Danon Cima est peut-être le cheval le plus intéressant pour ceux qui recherchent un candidat encore sous-estimé.
Il possède actuellement un bilan remarquable :
10 courses — 5 victoires — 1 deuxième place — 4 troisièmes places.
Il n’a donc jamais terminé en dehors du podium.
Il a remporté le Shirafuji Stakes sur 2 000 mètres en janvier.
Puis il a terminé :
- 3e du Hanshin Daishoten G2 sur 3 000 m ;
- 3e du Meguro Kinen G2 sur 2 500 m.
Autrement dit, il possède déjà une vraie expérience du haut niveau.
Son style
Danon Cima est assez polyvalent.
Il peut patienter dans le peloton puis accélérer progressivement.
Son expérience sur 2 500 et 3 000 mètres constitue également un atout : les 2 000 mètres de Niigata ne devraient pas lui poser de problème sur le plan de l’endurance.
Son pedigree est impressionnant
Son père est Kitasan Black, fils de Black Tide et petit-fils de Sunday Silence.
Sa mère, Include Betty, est une gagnante de Groupe 1 américaine.
Et Danon Cima n’est pas un cheval ordinaire du point de vue financier : il avait été vendu 341 millions de yens lors du Select Sale 2023, soit l’un des prix les plus élevés de cette vente.
Une première victoire de Groupe ?
C’est précisément l’objectif.
Il reste sur une troisième place dans le Meguro Kinen, où il avait terminé à égalité de temps avec le vainqueur malgré 57,5 kg.
Son entraîneur a indiqué que sa préparation pour Niigata s’était déroulée sans problème et que le cheval était prêt.
7 — Cervinia
5 ans — femelle — 56 kg
Jockey : Akira Tsumura
Entraîneur : Tetsuya Kimura
Cote indicative : 21,4
Cervinia est probablement le plus beau symbole du thème « championne en quête de renaissance ».
En 2024, elle a remporté deux des plus grandes courses réservées aux pouliches :
Yushun Himba G1
puis
Akka Sho G1.
Elle était donc la reine de sa génération sur les distances classiques.
Mais depuis, tout est devenu plus compliqué.
Elle reste notamment sur une 16e place dans le Victoria Mile 2026.
Elle a aussi terminé 5e du Nakayama Kinen.
Et pourtant…
Son nouveau jockey Akira Tsumura s’est montré enthousiaste après son premier travail avec elle.
Il a notamment expliqué qu’elle lui semblait avoir davantage le profil d’une jument capable de courir 2 000 mètres ou plus que celui d’une pure miler.
C’est important.
Ses dernières courses avaient principalement été disputées sur 1 600 ou 1 800 mètres.
Le Niigata Kinen lui offre donc un retour vers une distance qui pourrait davantage correspondre à ses qualités.
Son pedigree
Cervinia est une fille de Harbinger, étalon britannique très important au Japon.
Sa mère, Cherry Collect, est issue de Oratorio.
Et sa famille maternelle est exceptionnelle : elle descend de Happy Path, une fille de Sunday Silence, et a notamment produit plusieurs chevaux de Groupe et de haut niveau.
Le scénario idéal
Trouver une bonne position, économiser son énergie et profiter de la très longue ligne droite.
Si Cervinia retrouve son niveau de 2024, elle est largement capable de jouer les premiers rôles.
8 — Durezza
6 ans — mâle — 59 kg
Jockey : Hiroyuki Tanabe
Entraîneur : Tomohito Ozeki
Cote indicative : 12,4
Durezza est l’un des chevaux les plus difficiles à évaluer.
Parce que son palmarès est énorme.
Il a remporté le Kikuka Sho 2023, le même classique que Urban Chic l’année suivante.
Mais son dernier départ remonte à octobre 2025.
Il revient donc après près de onze mois sans courir.
Pourquoi ?
Après sa 8e place dans le Kyoto Daishoten, il devait participer au Japan Cup.
Mais le jour même de la course, il a dû être retiré en raison d’une boiterie de l’antérieur gauche.
Il a ensuite passé plusieurs mois en récupération avant de revenir à l’entraînement.
Son style
Durezza est un cheval de tenue, capable de se placer et de maintenir son effort.
Son problème n’est donc pas la distance.
C’est plutôt :
dans quel état revient-il ?
Son entraîneur a d’ailleurs reconnu que le cheval donnait encore l’impression d’être en phase de reprise.
Son pedigree
Durezza est un fils de Duramente, lui-même fils de King Kamehameha.
Sa mère, More Than Sacred, est une fille de More Than Ready et a remporté le New Zealand Oaks G1.
Sa famille maternelle est donc particulièrement intéressante sur les distances classiques.
Un détail à ne pas oublier
Durezza n’est pas seulement un gagnant de G1 japonais.
Il a également terminé :
- 2e du Japan Cup G1 ;
- 3e du Dubai Sheema Classic G1.
Lorsqu’il est au meilleur de sa forme, c’est un cheval de niveau international.
Mais dimanche, il doit d’abord prouver qu’il est revenu.
9 — Ballet Master
7 ans — mâle — 57 kg
Jockey : Kazuki Kikuzawa
Entraîneur : Tomoyuki Umeda
Cote indicative : 55,0
Sur le papier, Ballet Master est l’un des outsiders.
Mais il possède un argument très intéressant.
Le 16 mai 2026, il a terminé 2e du Niigata Daishoten G3, précisément sur ce parcours de 2 000 mètres.
Il n’avait été battu que de 0,1 seconde par Gran Dia.
Autrement dit :
il sait courir sur cette piste.
Il a également terminé 6e du June Stakes sur 1 800 mètres.
Son style
Ballet Master est plutôt un cheval qui attend avant de produire son effort.
La configuration de Niigata est donc particulièrement intéressante pour lui.
S’il bénéficie d’un rythme suffisamment soutenu, il pourrait être capable de revenir sur les chevaux de tête.
Son pedigree
Son père est Spielberg, frère de Deep Impact et vainqueur du Tenno Sho (Automne).
Sa mère est issue de Swept Overboard.
C’est un pedigree fortement orienté vers le gazon et la vitesse finale.
Pourquoi le surveiller ?
Parce que le Niigata Daishoten du mois de mai a déjà montré qu’il était parfaitement capable de rivaliser à ce niveau.
Son énorme cote ne signifie donc pas qu’il n’a aucune chance.
10 — Born This Way
7 ans — mâle — 57 kg
Jockey : Genki Maruyama
Entraîneur : Koji Maki
Cote indicative : 59,2
Born This Way est l’un des chevaux les moins médiatisés du plateau.
Mais il possède une grande expérience.
Il a notamment remporté le October Stakes Listed en 2024.
En 2026, il a beaucoup couru sur les longues distances :
- 9e du Diamond Stakes sur 3 400 m ;
- 6e de l’Osaka-Hamburg Cup sur 2 600 m ;
- 11e du Meguro Kinen sur 2 500 m ;
- 5e du Tanabata Sho sur 2 000 m.
Son style
C’est davantage un cheval de tenue qu’un pur spécialiste de l’accélération.
Et cela peut devenir important.
Si le Niigata Kinen se transforme en course très lente suivie d’un sprint de 600 mètres, il risque de souffrir.
En revanche, si quelqu’un décide d’imprimer un rythme soutenu, Born This Way peut utiliser son endurance pour mettre les autres sous pression.
Son pedigree
Il est issu de Heart’s Cry, l’un des fils les plus importants de Sunday Silence.
Sa mère, Windhuk, est issue de Platini.
On retrouve donc un pedigree particulièrement adapté aux chevaux capables de tenir leur effort sur la durée.
11 — Rodeo Drive
3 ans — mâle — 57 kg
Jockey : Christophe Lemaire
Entraîneur : Tetsuya Tsuji
Cote indicative : 2,5
Et voici le cheval dont tout le monde parle.
Rodeo Drive est le favori du Niigata Kinen.
Mais son histoire possède une énorme inconnue.
Il n’a encore jamais couru sur 2 000 mètres.
Pas une seule fois.
Toutes ses sorties précédentes se sont déroulées sur 1 600 mètres.
Et pourtant, il arrive avec un titre de champion.
En mai 2026, il a remporté le NHK Mile Cup G1, le grand championnat japonais des trois ans sur le mile.
Il compte désormais quatre courses pour 3 victoires et une deuxième place.
Son style
C’est un cheval particulièrement intéressant à Niigata.
Lors du NHK Mile Cup, il a attendu avant de produire son accélération dans la phase finale.
Il possède donc exactement le type de qualité que l’on aime voir sur le parcours de Niigata :
une longue accélération finale.
Mais 2 000 mètres ?
C’est la grande question.
Son entraîneur Tetsuya Tsuji a justement consacré une partie importante de sa préparation à cette question.
Il a travaillé Rodeo Drive en cherchant notamment à améliorer son contrôle du rythme et son calme, afin que le cheval ne dépense pas trop d’énergie pendant la première partie de la course.
Le problème n’est pas nécessairement sa capacité physique à parcourir 2 000 mètres.
C’est plutôt de savoir s’il saura ne pas courir les 2 000 mètres comme un cheval de 1 600 mètres.
Son entraîneur s’est d’ailleurs montré prudent : la distance, le poids de 57 kg et surtout la première confrontation avec les chevaux plus âgés représentent trois inconnues.
Son pedigree
Rodeo Drive est un fils de Saturnalia, vainqueur du Satsuki Sho G1 et du Hopeful Stakes G1.
Saturnalia est lui-même issu de Lord Kanaloa, tandis que sa mère est la championne Cesario.
La mère de Rodeo Drive est issue de Snitzel, l’un des grands reproducteurs australiens.
Son pedigree associe donc une énorme dose de vitesse à des lignées capables de produire des chevaux de 2 000 mètres.
Et Christophe Lemaire ?
Ce n’est évidemment pas un détail.
Le Français est l’un des jockeys les plus expérimentés du Japon et connaît parfaitement les grands rendez-vous de la JRA.
Mais il devra résoudre une équation délicate :
faire gagner un champion du mile sur 2 000 mètres contre des chevaux qui ont déjà fait leurs preuves sur cette distance.