Ce week-end des 22 et 23 août, l’hippodrome de Sapporo, dans le nord du Japon, était au centre de l’attention internationale avec les World All-Star Jockeys 2026. Pendant deux jours, les meilleurs jockeys japonais ont affronté plusieurs invités venus du monde entier dans une compétition où chaque arrivée rapporte des points.

Après quatre courses particulièrement disputées, c’est finalement une véritable légende du Keiba qui s’est imposée : Norihiro Yokoyama. À 58 ans, le jockey japonais a remporté deux des quatre épreuves et décroche ainsi son troisième titre dans l’histoire de la compétition, après ses victoires de 1995 et 2009. Il devient ainsi le premier jockey à gagner trois fois cette compétition internationale.
Une compétition qui s’est jouée jusqu’au bout
Cette édition 2026 réunissait 14 jockeys au départ, répartis en deux équipes : la Team JRA, composée des représentants japonais, et la Team WAS, réunissant les jockeys étrangers et le représentant des courses locales japonaises.
Le programme était particulièrement intéressant pour les spectateurs : les quatre courses se disputaient sur des distances et des surfaces différentes. Une première épreuve sur 1 200 mètres gazon, une deuxième sur 2 000 mètres gazon, une troisième sur 1 700 mètres dirt, puis une dernière sur 1 800 mètres gazon. L’objectif était donc de demander aux jockeys de s’adapter rapidement à des situations très différentes.
Et après la première journée, rien n’était joué.
L’Australien Zac Lloyd, qui participait pour la première fois aux World All-Star Jockeys, avait créé la surprise en prenant la tête du classement avec 40 points grâce à deux deuxièmes places. Derrière lui, Norihiro Yokoyama comptait 32 points, tandis que son compatriote Yutaka Take était troisième avec 31 points.
Autrement dit : à la fin du samedi, la victoire était encore totalement ouverte.
Samedi : Yutaka Take frappe le premier
La première manche, disputée sur 1 200 mètres gazon, a été remportée par Yutaka Take avec Asu Miru.
Le légendaire jockey japonais a ainsi obtenu les 30 points attribués au vainqueur. Mais derrière lui, Zac Lloyd réalisait déjà une excellente opération en terminant deuxième avec B B Effort.
Pour Norihiro Yokoyama, en revanche, la première course était plus compliquée : il ne terminait que neuvième avec Xebec et ne marquait que deux petits points.
Mais le vétéran japonais allait immédiatement réagir dans la deuxième manche.
Sur les 2 000 mètres gazon, Yokoyama s’est imposé avec Can’t Wait, pourtant seulement quatrième favori. Cette victoire lui rapportait 30 points et lui permettait de revenir immédiatement dans la course au titre.
Derrière lui, Zac Lloyd terminait une nouvelle fois deuxième, cette fois avec Spark Richard. Deux deuxièmes places en deux courses : l’Australien devenait alors le jockey le plus régulier de la compétition.
À la fin de la première journée, Lloyd était donc premier avec 40 points, devant Yokoyama avec 32 points et Yutaka Take avec 31 points.
Dimanche : le retour de Yokoyama
Le dimanche allait complètement changer la physionomie de la compétition.
La troisième manche se disputait sur 1 700 mètres dirt, une surface qui peut demander une approche très différente du gazon japonais.
Cette fois, c’est Mirai Iwata qui s’est imposé avec Mashi Vigorous. Parti depuis une position extérieure, Iwata a rapidement placé son cheval dans le groupe de tête avant d’accélérer dans la dernière ligne droite. Mashi Vigorous s’est finalement imposé avec une longueur et trois quarts d’avance.
Yutaka Take terminait deuxième, tandis que Tomohiro Yoshimura prenait la troisième place.
Pour Norihiro Yokoyama, cette troisième course était en revanche un véritable coup d’arrêt : il terminait seulement 14e avec Win Harmonia et ne récoltait qu’un seul point.
À ce moment-là, la victoire semblait encore pouvoir échapper au Japonais.
Mais il restait une dernière course.
Le scénario parfait dans la dernière manche
La quatrième et dernière manche se disputait sur 1 800 mètres gazon.
Et Norihiro Yokoyama allait une nouvelle fois sortir le grand jeu.
Associé à Million Crown, il s’est imposé après une superbe lutte dans la ligne droite. Le jockey japonais avait placé son cheval dans le groupe de tête avant de venir attaquer le leader dans les derniers mètres.
Derrière lui, l’Australien Damian Lane terminait deuxième à seulement une encolure. Mirai Iwata prenait la troisième place et Christophe Lemaire terminait quatrième.
Cette victoire rapportait 30 points à Yokoyama.
Et surtout, elle lui permettait de passer devant tout le monde au classement général.
Avec 63 points, Norihiro Yokoyama remportait donc les World All-Star Jockeys 2026.
Un podium très international
Le classement final montre parfaitement le caractère international de cette édition.
Norihiro Yokoyama termine premier avec 63 points.
Derrière lui, Zac Lloyd réalise une remarquable deuxième place avec 58 points. À seulement 23 ans et pour sa première participation, le jeune jockey australien a été l’un des hommes forts du week-end. Il n’a remporté aucune des quatre courses, mais sa régularité lui a permis de rester dans la course jusqu’au bout.
La troisième place revient à un autre Australien, Damian Lane, avec 56 points.
Puis vient Yutaka Take, quatrième avec 52 points, après notamment sa victoire dans la première manche.
Le classement est ensuite complété par Mirai Iwata, Yuga Kawada et Christophe Lemaire.
Le classement final
- Norihiro Yokoyama 🇯🇵 — 63 points
- Zac Lloyd 🇦🇺 — 58 points
- Damian Lane 🇦🇺 — 56 points
- Yutaka Take 🇯🇵 — 52 points
- Mirai Iwata 🇯🇵 — 47 points
- Yuga Kawada 🇯🇵 — 39 points
- Christophe Lemaire 🇫🇷🇯🇵 — 34 points
- Marie Velon 🇫🇷 — 21 points
- Tomohiro Yoshimura 🇯🇵 — 19 points
- Takeshi Yokoyama 🇯🇵 — 18 points
- Suraj Narredu 🇮🇳 — 12 points
- Richard Fourie 🇿🇦 — 12 points
- Kohei Matsuyama 🇯🇵 — 8 points
- Yuji Tannai 🇯🇵 — 7 points
- Rafael Hernandez 🇨🇦 — 2 points
Et la France dans tout ça ?
La France était représentée par Marie Velon, qui participait à la compétition avec la Team WAS.
La jockey française a réalisé un week-end difficile mais intéressant face à une opposition particulièrement relevée. Elle termine notamment cinquième puis sixième lors des deux premières manches, avant de terminer neuvième dans la troisième et quatorzième dans la dernière.
Elle termine finalement 8e du classement général avec 21 points.
Marie Velon a également participé à la Keeneland Cup (G3) le dimanche, hors compétition WASJ, avec Meiner Gerodi, terminant 14e.
Pour un jockey étranger, ces journées représentent aussi une expérience particulière : il ne s’agit pas simplement de monter des chevaux connus. Les jockeys doivent découvrir leurs montures au dernier moment et s’adapter rapidement à leur comportement, à leur niveau et au style de course japonais.
Une première historique pour l’Inde
Le week-end a également été marqué par un événement historique pour le Keiba.
Le jockey indien Suraj Narredu, invité pour représenter l’Inde, a remporté avant même les épreuves WASJ sa première victoire dans une course JRA, avec Fier Chanter.
Il ne s’agissait que de sa deuxième monte au Japon.
Cette victoire constitue donc un moment important pour les courses indiennes, puisqu’elle fait de Narredu le premier jockey indien à remporter une course de la JRA.
Le Canadien Rafael Hernandez a lui aussi connu un moment historique en remportant la troisième course du dimanche avec Fiery Beat, décrochant à son tour sa première victoire japonaise.
La Team JRA domine finalement la Team WAS
Au-delà du classement individuel, les World All-Star Jockeys sont également une compétition entre deux équipes.
Et sur ce terrain, le Japon a largement pris le dessus.
La Team JRA termine avec 261 points, contre 187 points pour la Team WAS.
L’écart final est donc de 74 points.
La présence de quatre jockeys japonais dans les sept premières places explique en grande partie cette domination : Yokoyama, Take, Iwata et Kawada ont tous terminé dans le haut du classement.
Yokoyama, une légende qui n’a pas fini d’écrire son histoire
La véritable image de ce week-end restera cependant celle de Norihiro Yokoyama.
À 58 ans, le jockey japonais a une nouvelle fois démontré qu’il était capable de rivaliser avec une génération beaucoup plus jeune.
Ses deux victoires, dans la deuxième et la quatrième manche, lui ont permis de renverser une situation qui semblait pourtant favorable à Zac Lloyd après le samedi.
Et cette victoire possède une dimension historique : Yokoyama avait déjà remporté la compétition en 1995 et 2009. En 2026, il décroche donc un troisième titre, devenant le premier jockey de l’histoire à remporter trois fois cette compétition internationale.
Le contraste est d’ailleurs assez symbolique : derrière lui, le jeune Zac Lloyd, tout juste âgé de 23 ans, termine deuxième pour sa première participation.
D’un côté, une légende du Keiba qui continue d’écrire son histoire.
De l’autre, une nouvelle génération internationale qui commence déjà à se faire une place au Japon.
C’est probablement ce qui rend les World All-Star Jockeys aussi intéressants : pendant deux jours, les jockeys ne courent pas seulement contre leurs adversaires. Ils doivent aussi apprendre à composer avec de nouveaux chevaux, de nouveaux circuits et parfois une manière différente de penser la course.
Et cette année encore, Sapporo aura offert un magnifique résumé de ce qu’est le Keiba japonais : un sport profondément national, mais capable de réunir les meilleurs talents du monde entier.