Cent ans de passion : l’histoire de la Société des Courses Hippiques de La Roche-Posay (1926-2026)
En 2026, la Société des Courses Hippiques de La Roche-Posay célèbre un anniversaire exceptionnel : 100 ans d’existence. Derrière cette longévité se cache une aventure humaine faite de passion, d’engagement bénévole et d’amour du cheval.

Mais au fait, qu’est-ce qu’une Société des Courses ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une société des courses n’est pas une entreprise. Il s’agit d’une association, composée principalement de bénévoles, dont la mission est d’organiser les réunions hippiques, d’entretenir l’hippodrome et de faire vivre les courses dans son territoire. Sans ces associations, les compétitions hippiques n’existeraient tout simplement pas. Depuis un siècle, des générations de bénévoles se succèdent ainsi à La Roche-Posay pour accueillir les professionnels, les chevaux et les milliers de spectateurs qui viennent partager leur passion.

Une idée qui naît autour d’une conversation
Tout commence au début de l’année 1926.
À cette époque, La Roche-Posay est déjà connue pour ses thermes, mais plusieurs personnalités locales souhaitent développer davantage l’animation de la ville. Au cours de discussions entre Maître BETOUX, notaire à La Roche-Posay, et Monsieur BORDIER, maire de Vicq-sur-Gartempe et conseiller général du canton de Pleumartin, naît l’idée de créer une société de courses.
L’objectif est simple : construire un hippodrome et organiser des journées de courses capables d’attirer des visiteurs, de dynamiser le commerce local et de faire rayonner le territoire.
Le 24 octobre 1926, le conseil municipal de La Roche-Posay, présidé par le maire Monsieur PINEAU, valide officiellement la création de la Société des Courses. Monsieur BORDIER en devient le premier président.
Une belle aventure peut commencer.
Les premières courses au Breuil
Le 7 août 1927, l’hippodrome du Breuil accueille sa première réunion de courses. À l’époque, une réunion hippique correspond à une journée durant laquelle plusieurs courses se succèdent. Ce premier rendez-vous en compte six. Les tribunes, entièrement construites en bois, accueillent un public nombreux. Les habitants découvrent avec enthousiasme un spectacle où se mêlent vitesse, stratégie, élégance des chevaux et ambiance populaire. Le succès est tel qu’à partir de 1930, deux réunions sont désormais organisées chaque année. En 1934, la Société d’Encouragement autorise l’organisation d’une réunion supplémentaire en juillet. Cette décision témoigne déjà de la bonne réputation de l’hippodrome.

Quand la guerre impose le silence
Comme partout en France, la Seconde Guerre mondiale bouleverse la vie locale. À partir de 1939, les courses sont interrompues. Pendant plusieurs années, les chevaux disparaissent de la piste du Breuil. Ce n’est qu’en 1947 que les compétitions reprennent. Les sabots résonnent de nouveau sur l’hippodrome et les habitants retrouvent un rendez-vous qui leur avait tant manqué.
La naissance d’un nouvel hippodrome
Une étape décisive est franchie en 1974. La Société des Courses de Poitiers ne disposant plus de terrain pour organiser ses compétitions, elle fusionne avec celle de La Roche-Posay. Cette union renforce considérablement la structure et permet d’augmenter le nombre de réunions organisées chaque année. Peu après, la municipalité décide de construire un tout nouvel hippodrome sur le site de la Gâtinière. L’ancien hippodrome du Breuil laisse progressivement place à un équipement beaucoup plus moderne. Après plusieurs mois de travaux, le nouvel hippodrome est inauguré en 1980 par René Monory, alors ministre de l’Économie et des Finances. Avec sa vaste piste en herbe, ses installations modernes et son cadre naturel, la Gâtinière est rapidement considérée comme l’un des plus beaux hippodromes sur gazon de France.

Un hippodrome ouvert à toutes les disciplines
Aujourd’hui, l’hippodrome accueille trois grandes familles de courses. Les courses de trot sont sans doute les plus connues. Les chevaux doivent conserver une allure régulière appelée le trot. S’ils passent au galop, ils peuvent être sanctionnés ou disqualifiés. Les courses de plat sont les plus rapides. Les chevaux galopent librement jusqu’à la ligne d’arrivée. Enfin, les courses d’obstacles ajoutent une difficulté supplémentaire puisque les chevaux doivent franchir des haies ou des obstacles naturels tout au long du parcours. Cette diversité permet d’accueillir des chevaux aux profils très différents et offre un spectacle varié au public.

Une reconnaissance grandissante
Au fil des décennies, la réputation de La Roche-Posay grandit. Une cinquième journée de courses est obtenue en 1982, puis une sixième en 1988. En 1990, est créé le Prix du Futuroscope, symbole du partenariat entre l’hippodrome et les grands acteurs du département. La Société développe également sa communication et noue des liens avec le Conseil régional afin de promouvoir l’élevage équin en Poitou-Charentes. En 1997, le nom de La Roche-Posay est même associé à une course organisée sur le prestigieux hippodrome de Vincennes, considéré comme le temple du trot français.

Les courses entrent dans la cour des grands
À partir des années 2000, l’hippodrome franchit une nouvelle étape. Il obtient l’organisation de courses PMU nationales. Le PMU, ou Pari Mutuel Urbain, est l’organisme qui permet au public de parier sur les courses hippiques. Lorsqu’une course bénéficie du label PMU, elle est diffusée dans tout le réseau national et suivie par des milliers de passionnés. Cette reconnaissance apporte une visibilité importante à l’hippodrome ainsi qu’un niveau sportif plus élevé.
Autre distinction majeure : l’entrée de La Roche-Posay dans le Trophée Vert. Le Trophée Vert est un championnat national de courses de trot disputé exclusivement sur des hippodromes en herbe. Les meilleurs chevaux spécialisés dans cette discipline parcourent la France tout au long de la saison. Faire partie de ce circuit constitue une véritable reconnaissance de la qualité de la piste et de l’organisation.

Un patrimoine entretenu par des bénévoles
Au-delà des courses, la vie d’un hippodrome représente un travail considérable. Tout au long de l’année, les bénévoles entretiennent les espaces verts, préparent les pistes, assurent l’accueil des professionnels et des spectateurs, veillent à la sécurité et organisent chaque réunion. En 2015, d’importants travaux sont réalisés sur les tribunes afin de préserver ce patrimoine. En 2016, Jean-Louis Olivier devient président de la Société des Courses et poursuit cette dynamique de modernisation. Plus récemment, l’hippodrome obtient le label EquuRES, une distinction récompensant les structures qui s’engagent en faveur du bien-être des chevaux, de la préservation de l’environnement et de bonnes pratiques de gestion.
Cent ans d’histoire… et toujours la même passion
Le 18 juillet 2026, la Société des Courses Hippiques de La Roche-Posay souffle ses cent bougies. Depuis un siècle, plusieurs générations de présidents, de bénévoles, de partenaires et de passionnés ont consacré leur temps à faire vivre ce lieu unique. Aujourd’hui, dernier hippodrome de la Vienne, la Gâtinière accueille chaque saison plusieurs milliers de visiteurs, qu’ils soient amateurs de chevaux, turfistes ou simples curieux venus passer une journée en famille. Au-delà du spectacle sportif, l’hippodrome est devenu un véritable patrimoine local. Il témoigne de la richesse du monde rural, de la place du cheval dans notre histoire et de la force de l’engagement associatif. En célébrant son centenaire, la Société des Courses Hippiques de La Roche-Posay ne fête pas seulement cent années de compétitions. Elle rend hommage à tous ceux qui, depuis 1926, ont permis à cette aventure de traverser le temps et de continuer à faire battre le cœur de l’hippodrome de la Gâtinière.
